Un communiqué de la Smerep accusé de culpabiliser les étudiantes ayant recours à l'IVG

POLEMIQUE La mutuelle étudiante est accusée de diffuser un discours culpabilisant à l’égard des jeunes étudiantes ayant recours à la contraception d’urgence et à l’interruption volontaire de grossesse…

A.B.
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Illustration de plaquettes de pilules contraceptives.
Illustration de plaquettes de pilules contraceptives. — Philippe Huguen afp.com

Ce devait être une simple campagne de promotion de la contraception, mais la Smerep se retrouve aujourd’hui embourbée dans une polémique sexiste après avoir diffusé un communiqué jugé culpabilisant à l’égard des jeunes étudiantes ayant déjà eu recours à une interruption volontaire de grossesse (IVG). Le 5 septembre, la mutuelle étudiante a publié un communiqué sur la journée de la contraception qui se tiendra le 26 septembre. Mais dès son titre, « 5 % des étudiantes ont déjà eu recours à une IVG », le texte a été perçu par de nombreux internautes comme une culpabilisation supplémentaire à l’égard des jeunes femmes, et une vague de réactions indignées a déferlé les réseaux sociaux.

« Le comportement à risque des jeunes femmes »

Agrémenté d’une petite faute d’orthographe, le document souligne que « la Smerep tire la sonnette d’alarme quan [t] au comportement à risque des jeunes femmes ayant trop souvent recours à la contraception d’urgence ou encore à l’IVG ». Quelques lignes plus loin, le communiqué explique que « 70 % des étudiantes françaises n’utilisent pas systématiquement le préservatif lors d’une relation sexuelle ». Toutefois, à aucun moment, le texte ne fait référence au comportement à risque des jeunes hommes en matière de contraception, faisant ainsi peser sur les seules femmes la responsabilité de se protéger.

C’est un pharmacien, Karim, alias @HygieSuperBowl, qui a le premier pointé le caractère culpabilisant de ce communiqué sur Twitter, rapporte Buzzfeed.

Sur le réseau social, de nombreux internautes lui ont emboîté le pas et ont déploré un texte « culpabilisant » et « stigmatisant » à l’égard des jeunes femmes.

Face à la polémique suscitée par son communiqué, la Smerep s’est justifiée en soulignant son « rôle d’alerte sur les données de ses études santé » pour pousser les politiques de prévention et s’est défendue de porter tout "jugement de valeur ni idéologique sur le recours à l’IVG".

Une défense qui n’a pas vraiement remporté l’adhésion sur Twitter.