VIDEO. Nicolas Sarkozy raillé sur Twitter après son virage climatosceptique

WEB Le candidat à la primaire à droite a affirmé que « l’homme n’était pas le seul responsable » du changement climatique…

A.B.

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Nicolas Sarkozy lors d'une réunion publique du parti Les républicains, à Poissy, le 6 septembre 2016.
Nicolas Sarkozy lors d'une réunion publique du parti Les républicains, à Poissy, le 6 septembre 2016. — PATRICK KOVARIK / AFP

Qu’il semble loin le temps du Grenelle de l’environnement !  Nicolas Sarkozy, créateur de ces rencontres politiques en 2007 dont l’un des premiers objectifs était de « lutter contre les changements climatiques », a semble-t-il viré sa cuti. Mercredi, le candidat à la primaire de la droite pour 2017 a affirmé que « l’homme n’était pas le seul responsable » du changement climatique et souhaité que « la France porte une conférence sur la démographie ».

« Ça fait 4,5 milliards d’années que le climat change »

« On a fait une conférence sur le climat. On parle beaucoup de dérèglement climatique, c’est très intéressant mais ça fait 4,5 milliards d’années que le climat change. L’homme n’est pas le seul responsable de ce changement », a affirmé l’ex-chef de l’Etat.

Une volte-face qui a fait grincer des dents, en premier lieu au sein de la communauté scientifique. Pour le climatologue Jean Jouzel, ancien vice-président du Giec, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat dont les travaux font autorité, les déclarations de Nicolas Sarkozy sont « vraiment pitoyables pour quelqu’un qui a lancé le Grenelle de l’environnement » sous son quinquennat et traduisent un « mépris de la communauté scientifique ».

Nicolas Sarkozy dit, « sans argument », que l’homme n’est pas le seul responsable du changement climatique, déplore Jean Jouzel.

« Sarkozy est une véritable girouette »

« En la matière, Sarkozy est une véritable girouette », a-t-il ajouté. « Sous nos yeux les quantités de gaz à effet de serre augmentent, la température augmente, le réchauffement est bien là et largement d’origine humaine », a souligné le scientifique. Nicolas Sarkozy « adapte son discours à son auditoire » mais « on joue avec le feu, c’est vraiment à contresens de l’histoire », a affirmé Jean Jouzel. L’ancien président n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai, lui qui a pris des positions ces dernières années en matière d’écologie qui ont suscité des critiques, y compris à droite, dont une remise en cause du principe de précaution ou un soutien à l’exploration du gaz de schiste. Et lors de son passage au Salon de l’agriculture en 2011, il s’était emporté en déclarant que les questions d’environnement, « ça commence à bien faire ».

Sur Twitter, les internautes n’ont pas manqué de railler le virage climatosceptique du candidat Sarkozy.

A gauche, nombreux sont celles et ceux qui ont déploré les propos de Nicolas Sarkozy.

« Comment Nicolas Sarkozy peut-il mieux savoir que toute la communauté scientifique, qui est aujourd’hui d’accord sur le fait que l’homme a une influence sur le réchauffement climatique ? », a renchéri l’écologiste Barbara Pompili. « Pour des raisons très certainement politiciennes, on voit que le discours est un discours régressif, rétrograde, et qui va nous faire perdre des dizaines d’années d’avancée ».

A droite, l’ancienne ministre des Sports de Nicolas Sarkozy a elle aussi affirmé son désaccord.