«Les femmes politiques sans enfant», l’infographie fait polémique en Grande-Bretagne

SEXISME Le journal britannique Sunday Times, a publié une interview de la ministre écossaise Nicola Strugeon accompagnée d’une infographie qui a indigné certains lecteurs…

H.S.

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L'infographie publiée par l'hebdomadaire The Sunday Times a suscité la colère de nombreuses élues en Grande-Bretagne.
L'infographie publiée par l'hebdomadaire The Sunday Times a suscité la colère de nombreuses élues en Grande-Bretagne. — ‏@HadleyFreeman

Militantes et élues issues de divers bords politiques en Grande-Bretagne se sont indignées, ce dimanche, contre l’hebdomadaire The Sunday Times après la publication d’une infographie intitulée « Chidless politicians » (« Politiques sans enfant ») listant diverses femmes élues, outre-Manche et dans d’autres pays, n’ayant jamais eu d’enfant. L’image est intégrée à l’interview exclusive de Nicola Sturgeon, premier ministre d’Ecosse, dans laquelle elle révèle avoir fait une fausse couche en 2011 à l’âge de 40 ans.

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L’infographie, intitulée de façon neutre, met uniquement en scène des femmes, aucun homme politique n’ayant pas d’enfant ne figure dans ce panel. La leader conservatrice écossaise, Ruth Davidson, qui figure sur l’image, a réagi sur son compte Twitter en écrivant : « Oh, j’aime tellement être cataloguée comme 'politique sans enfant' ».

Le compte de l’association « Women 50 : 50 » qui milite pour la parité au sein du Parlement écossais a tenté une rectification en publiant une liste similaire d’hommes élus qui ne sont pas pères. Chris Elmore, député Travailliste gallois fait partie de cette catégorie et a lui aussi dénoncé le sexisme de la publication : « Je suis un homme politique sans enfant. J’imagine que ça ne compte pas puisque je suis un homme », a-t-il écrit.

Contactée par le quotidien The Independent, la rédaction du Sunday Times n’avait pas encore réagi ce dimanche après-midi. Nicola Sturgeon a salué en revanche de son côté le travail de la journaliste qui a réalisé l’interview et a justifié son choix de révéler sa fausse couche, espérant ainsi « briser un tabou ».