L’Italie n’est plus très «Charlie» après un dessin du journal satirique sur le séisme

MAUVAIS GOÛT Les Italiens sont choqués par le dernier numéro de «Charlie Hebdo»…

O. P.-V.

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Le dessin de Félix sur le séisme en Italie, dans Charlie Hebdo.
Le dessin de Félix sur le séisme en Italie, dans Charlie Hebdo. — Twitter

Décidément, Charlie Hebdo aime se mettre à dos les pays étrangers. Quelques mois après des dessins sur le crash d’un Airbus russe dans le Sinaï, qualifiés en Russie de « blasphème » signe de « russophobie », l’hebdomadaire satirique a choqué l’Italie ce vendredi en comparant les victimes du séisme qui a fait près de 300 morts le 24 août, à différents types de pâtes.

« Aujourd’hui, personne n’est Charlie ».

Le journaliste italien Ciro Pellegrino résume le sentiment qui prime au sein de la population italienne, dans un tweet : « Le dessin de Charlie Hebdo sur le tremblement de terre en Italie. Et maintenant je veux les voir tous les #JeSuisCharlie italiens ».

Le Corrierre della Serra, quotidien le plus diffusé du pays, a consacré un article à la polémique, qui s’ouvre ainsi : « Aujourd’hui, personne n’est Charlie ».

« Cette satire embarrassante ne correspond pas aux vrais sentiments des Français »

Dans le dernier numéro du journal, une autre blague ironisant sur le séisme qui aurait crié « Allah Akbar » n’a pas fait rire du tout. Sergio Pirozzi, le maire d’Amatrice, la commune la plus touchée par le tremblement de terre, a commenté l’affaire ainsi : « Mais comment voulez-vous faire un dessin au sujet de la mort ! Je suis sûr que cette satire inesthétique et embarrassante ne correspond pas aux vrais sentiments des Français. »

Les réactions indignées se sont multipliées dans le même sens sur les réseaux sociaux.

« Trop facile de se cacher derrière le paravent de la satire : celle de Charlie Hebdo est simplement ordurière. »

« Cela s’appelle la liberté d’expression»

« La plupart d’entre nous avons défendu les victimes de Charlie Hebdo mais le dessin sur l’Italie n’est pas de la satire, c’est une honte ! Faire de l’argent sur les morts est dégoûtant. »

« Cela s’appelle la liberté d’expression. De mauvais goût. Grotesque. Mais toujours la liberté. Je ne suis pas disposé à la remettre en question. »