Insultée pour ses photos d’aisselles au naturel, elle répond sur Facebook

POILS Une jeune femme qui affiche ses aisselles non-épilées a été victime de «slut-shaming»...

O. P.-V.

— 

L'internaute Laura De a reçu des insultes pour cette photo publiée sur Facebook.
L'internaute Laura De a reçu des insultes pour cette photo publiée sur Facebook. — FB/LauraDe

« Je suis une fille qui a décidé de faire ce qu’elle voulait de son corps. » Sur Facebook, Laura affiche fièrement en image de profil, depuis le 15 août, une photographie d’elle les aisselles non-épilées. Ouvert au public, son compte a été pris d’assaut par des commentaires moqueurs sur cette photographie, « aimée » presque 4.000 fois et ayant provoqué plus de 5.000 messages la soutenant ou l’insultant pour son choix.

« Rase-toi vilaine », « Tu es immonde », « Tu m’as fait vomir 146 fois », « Sale lesbienne ! » ou encore « Tu mérites de pourrir dans la cave de Dutroux » sont quelques-uns des exemples d’attaques personnelles, outre les photos de rasoirs et de pots de cire, que la jeune femme a recensé, et dont elle a choisi de se servir dans un nouveau statut, publié lundi, et qui est de nouveau devenu viral, étant « liké » 12.000 fois.

« Les choses peuvent aller très loin. Trop loin. Je suis une fille qui a décidé de faire ce qu’elle voulait de son corps. Comme un garçon peut le faire, lui… Et les conséquences de sortir de normes sont l’humiliation collective, le harcèlement, les insultes, les menaces », explique-t-elle, joignant à son message une version couleur de la photographie qui lui a valu ces insultes.

Victime d’une variante de slut-shaming

Dans la nuit de mercredi à jeudi, Laura a posté une nouvelle photographie, les aisselles rasées cette fois-ci, accompagnée de cette légende : « J’aimerais relever le fait que je ne suis pas plus pour la non-épilation que pour l’épilation. Je trouve qu’il faut laisser le choix à tout le monde, c’est tout. Des fois je me rase, des fois pas, l’important c’est que c’est mon choix. J’aimerais que tout le monde aime son propre corps et ne juge pas celui des autres. » Le statut connaît également un engouement important sur Facebook.

Le cas de cette jeune femme est un nouvel exemple d’un phénomène internet bien connu, le « slut-shaming » (expression vulgaire traduisible par « couvrir de honte les salopes »). Le site féministe Cheek définit la pratique ainsi : « [Elle] consiste à blâmer une femme parce qu’elle se conduirait comme "une salope". Là encore, sont brandis des arguments vestimentaires (tenues jugées trop sexy) et comportementaux (attitude aguicheuse, etc.), avec, pour conséquence, le fait d’imposer aux femmes une certaine attitude, qui serait déterminée par leur sexe. »

Par extension, ce type d’attitude se retrouve parfois à l’encontre des personnes, comme Laura De, qui choisissent de ne pas s’épiler, parti pris associé au mouvement féministe qui provoque régulièrement des réactions haineuses.