Donald Trump tweete des insultes, son staff s’occupe du reste

MONDE En analysant les tweets du candidat à la présidentielle américaine, on distingue deux types de messages qui ne sont pas envoyés du même appareil…

Audrey Chauvet
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Donald Trump en meeting à Windham le 6 août 2016 (Etats-Unis).
Donald Trump en meeting à Windham le 6 août 2016 (Etats-Unis). — Evan Vucci/AP/SIPA

A Donald Trump les injures, à son staff les messages sérieux. D’après une analyse des tweets du candidat républicain à la présidentielle américaine, il y aurait bien derrière le compte Twitter un couple à la docteur Jekyll et Mister Hyde : les tweets injurieux et bas de plafond sont émis d’un appareil Android, tandis que les messages plus sérieux proviennent d’un iPhone, probablement celui d’un membre de l’équipe de campagne.

Les vieilles manies de Donald Trump sur Twitter

Le premier à avoir remarqué cette dichotomie est un artiste américain, qui a tweeté sa découverte le 6 août dernier.



Il était toutefois un peu rapide d’en conclure que les tweets provenaient de deux personnes différentes. David Robinson, chercheur en « data », a tenté d’y voir plus clair en analysant scientifiquement le contenu des tweets émis par chaque système. Premier constat : les tweets envoyés par Android sont plutôt émis le matin, tandis que l’iPhone chauffe l’après-midi. La petite manie (anachronique) de Donald Trump de relayer des tweets en faisant un copier-coller et en encadrant le message de guillemets, plutôt que de simplement appuyer sur le bouton Retweet, ne se retrouve pas chez l’utilisateur de l’iPhone.

Deux tons bien différents

Une autre preuve que l’iPhone sert à l’équipe de campagne est la présence bien plus importante de photos et de liens que dans les tweets provenant du téléphone, semble-t-il personnel, de Trump : il y a 38 fois plus d’illustrations ou de redirections dans les tweets du staff, a calculé David Robinson. Il y a aussi beaucoup plus de hashtags dans les tweets émis par l’iPhone, preuve d’une meilleure maîtrise du réseau social.

Enfin, l’analyse sémantique a permis de dégager deux tons bien différents. Les mots « badly » (« méchamment »), « crazy » (« fou »), « weak » (« faible) ou « dumb » (« idiot ») ont bien plus de chances d’être trouvés dans des tweets provenant d’Android, donc de Trump himself, que dans ceux de l’équipe qui contiennent plutôt des slogans de campagne comme « #makeamericagreatagain », « #Trump2016 » ou « #americafirst ».

Analyse du contenu des tweets de Donald Trump.
Analyse du contenu des tweets de Donald Trump. - http://varianceexplained.org/r/trump-tweets/