Non, la Palestine n’a pas été supprimée de Google Maps

WEB Google est régulièrement accusé par les deux camps de prendre partie dans le conflit israélo-palestinien...

Olivier Philippe-Viela

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Un jeune Palestinien escalade le mur qui sépare Israël de la Palestine, près de Ramallah le 15 mai 2008
Un jeune Palestinien escalade le mur qui sépare Israël de la Palestine, près de Ramallah le 15 mai 2008 — DAVID FURST AFP

Dans le conflit israélo-palestinien, même Google est pris à partie. En ce moment, l’entreprise américaine est ainsi accusée d’avoir supprimé le proto-Etat de Google Maps.

La rumeur, essentiellement relayée en France par les médias d’extrême-droite, a été décortiquée par le Washington Post, qui explique son retour dans l’actualité par un communiqué du Forum des journalistes palestiniens. Un article publié le 3 août condamne le « crime » de Google, qui aurait effacé le nom de la Palestine le 25 juillet de son service de cartographie.

Aucun changement effectué par Google

Sauf que rien n’a changé le 25 juillet, ni le nom ni les contours du territoire. Quand on tape Palestine dans la barre de Google Maps, le zoom s’effectue sur Israël, avec les zones palestiniennes clairement délimitées. Le nom Palestine n’apparaît effectivement pas sur la carte, mais il est dans les indications à gauche de l’écran. « La Palestine, en forme longue l’État de Palestine, en arabe دولة فلسطين, est un proto-État du Proche-Orient », est-il écrit, Google reprenant la définition de Wikipédia.

Les villes sont aussi décrites comme palestiniennes, suivant le découpage territorial auquel elles se rattachent. Par exemple, Hébron est décrit comme « une ville palestinienne de Cisjordanie » et Khan Younès est « une ville palestinienne dans le sud de la Bande de Gaza ».

La polémique déclenchée par les journalistes palestiniens est une résurgence d’une rumeur apparue il y a cinq mois, quand un certain Zak Martin a lancé sur Change.org une pétition intitulée « Google, place la Palestine sur tes cartes ! ». « C’est un problème important, car Google Maps est désormais regardé comme une référence inaltérable à travers le monde. […] Que ce soit intentionnel ou non, Google se fait le complice du gouvernement israélien », écrivait-il pour justifier sa pétition, qui a recueilli 250.000 signatures électroniques environ.

Il y a trois ans, Google était accusé d’être pro-Palestinien

Le problème est intéressant car à l’inverse, Google avait été accusé en 2013 par le gouvernement israélien d’être pro-palestinien. Cette année-là, l’entreprise américaine s’était alignée sur l’ONU en requalifiant dans son moteur de recherche les « territoires palestiniens » en « Palestine », après que le pays a été reconnu comme Etat observateur non-membre de l’ONU en novembre 2012. On retrouve cette désignation sur Google Maps, mais le nom de Palestine n’apparaît donc pas directement sur la carte, à cause de son statut hybride.

Une manière pour le géant du Web d’essayer de faire plaisir à tout le monde, ou du moins d’en froisser le moins possible. Manqué, puisque sur Twitter, par le hashtag #PalestineIsHere, les accusations de favoritisme ont continué, certains appelant au boycott de Google Maps et à utiliser l’un de ses concurrents, Bing Maps, qui affiche bien le nom de la Palestine sur la carte… mais offre sinon exactement les mêmes informations que son rival en cartographie.