Brexit: Les 5 questions (hyper égoïstes) que les Français se posent

ROYAUME-UNI Voir partir nos « meilleurs ennemis » de l’UE, c’est triste. Mais la vraie question qu’on se pose tous : est-ce qu’on va enfin pouvoir s’empiffrer de McVities pour un prix dérisoire ?

H.S. avec AFP

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François Hollande et David Cameron lors du sommet franco-anglais le 31 janvier 2014. 
François Hollande et David Cameron lors du sommet franco-anglais le 31 janvier 2014.  — David Hartley/REX/REX/SIPA

C’est fait. Après de longues semaines de campagne, les électeurs britanniques ont fait le choix de quitter l’Union Européenne à 51,9 % des voix. Une décision encensée par certains, déplorée par d’autres mais qui suscitent, d’un côté comme de l’autre, de nombreuses interrogations. En France, l’annonce du Brexit a particulièrement interpellé la classe politique mais sur les réseaux sociaux, les internautes hexagonaux ont soulevé des points bien franco-français auxquels 20 Minutes a tenté de répondre (avec un peu d’humour).

  • Est-ce que je vais quand même pouvoir faire un échange Erasmus avec une fac anglaise ? (Et boire plein de bière)

Le Royaume-Uni, ses bars aux boiseries chaleureuses, les fish and chips avalés sur un bout de trottoir et la bière qui coule à flots. Depuis la création en 1987 du programme européen d’échange universitaire, Erasmus, le pays est l’une des destinations favorites des étudiants Français. Si les futures négociations entre les Britanniques et les autres pays de l’UE vont être déterminantes en la matière, plusieurs scénarios peuvent d’ores et déjà se dessiner. Premièrement, les établissements du pays ne seraient plus éligibles aux bourses de mobilité du programme. Ensuite les conditions de séjour des étudiants de l’UE pourraient évoluer notamment à travers l’instauration d’un visa étudiant. Enfin les frais de scolarités pourraient augmenter, un argument décisif au regard des prix plus attractifs pratiqués en Ecosse ou en Irlande. En revanche, rien ne devrait bouger pour la rentrée 2016, les négociations pouvant s’échelonner sur plusieurs années.

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  • Est-ce que les banques et les grandes entreprises vont venir booster l’emploi en France ? (Même François Hollande doit se la poser celle-là)

Encore une fois, le délai et le fond des négociations qui vont s’engager entre le pays sortant et le reste de ses anciens partenaires vont déterminer en grande partie l’impact du Brexit sur l’économie française. Mais à court terme, il n’y aurait pas forcément de quoi se réjouir du départ de nos amis anglais.

« Les entreprises françaises pourraient enregistrer jusqu’à 3,2 milliards d’euros de pertes additionnelles à l’export d’ici 2019 dans le pire des cas, soit 0,5 % du total des exportations de biens et services (…) le désinvestissement des entreprises françaises au Royaume-Uni et des entreprises britanniques en France atteindrait 5,2 milliards d’euros en cas de sortie sans accord de libre-échange », précisait l’AFP dans la matinée.

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La place financière parisienne espérait beaucoup d’une victoire du « leave » pour bénéficier d’un affaiblissement de la City. Pour rappel, Londres accueille plus de 40 % des sièges sociaux européens des 250 plus grandes multinationales, contre 8 % pour Paris. « Sans doute que Londres perdrait de son attrait pour ceux qui y voient une porte d’entrée pour l’Europe, mais on peut aussi imaginer que la place anglaise se métamorphose et s’adapte à terme en devenant par exemple un centre offshore européen moins régulé, moins taxé et donc plus attractif », ajoutait à l’AFP Juliette Bertiaux, experte auprès de la Chambre de Commerce et d’Industrie Paris Ile-de-France.

  • Dis donc, ce ne serait pas le moment d’aller faire les soldes à Londres ? (La récession, parfois, ça a du bon)

C’est l’une des questions les plus récurrentes sur les réseaux. A l’annonce des résultats, la livre sterling, monnaie britannique, a connu une chute vertigineuse face au dollar, de l’ordre de 11 %, soit son plus bas niveau en 30 ans. Face à l’euro, la livre aurait chuté de 9 %. Une livre correspond désormais à 1,22 euro contre 1,33 euro les mois précédents.

De fait, le touriste Français peut donc réaliser des économies s’il décide d’acheter des produits anglais mais ces économies resteraient minimes. Le site du Huffington Post s’est prêté au jeu de la calculatrice : « Combien gagneriez-vous sur, par exemple, sur cette robe à 46 livres ? Elle vous aurait coûté près de 60 euros le 22 juin, elle ne vous reviendra » qu'« à 57 euros ce week-end. Vous économisez donc 3 euros », conclut le pure-player.

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  • Est-ce que le niveau de la ligue 1 Française va décoller ? (Ça suffit Arsenal de nous voler tous nos joueurs)

Joint ce vendredi par 20 Minutes, Vincent Chaudel, économiste du sport chez Kurt Salmon a analysé l’impact que pouvait avoir la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, à la fois sur l’état du foot anglais et sur le foot hexagonal. « Même si la livre perd de sa valeur, le foot anglais est tellement en avance que ça réduira éventuellement sa suprématie mais ça ne la remettra pas en cause. Les contrats de droit télé domestiques et internationaux ont été vendus pour une période longue avec des montants très importants (…) En revanche, pile au moment ou l’on se parle, il existe des règlements qui peuvent impacter les joueurs européens », détaille-t-il en préambule.

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Quid de la ligue 1 ? Réponse de Vincent Claudel : « On risque d’avoir des difficultés financières à court terme, car nos clubs sont à la limite du rouge, mais si ça nous permet de garder nos jeunes talents plus longtemps, d’en bénéficier techniquement c’est bien. Économiquement si on les vend à maturité c’est bien aussi car on va les céder plus cher. Au final, ce n’est pas forcément une mauvaise chose mais il faudra gérer quelques effets à court terme ». Le retour de Payet donc, ce n’est pas pour tout de suite.

  • Est-ce qu’on va devoir se ruiner dans un visa pour se rendre au Royaume-Uni ? (Déjà que l’Eurostar est hors de prix…)

La politique en termes de visa va sans doute évoluer. Il y a toutefois peu de chance que les Français qui souhaitent partir travailler au Royaume-Uni, ou continuer d’y travailler, en pâtissent. Si un simple document d’identité suffisait jusqu’à présent pour se déplacer au sein de l’espace Schengen, bien que le Royaume-Uni n’en soit pas membre, la sortie du pays du bloc des 28 pourrait désormais s’accompagner de la nécessité pour les ressortissants britanniques de demander un visa en cas de voyage en Europe continentale.

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Là aussi, la nécessité d’un tel document devrait être négociée entre l’UE et le pays sortant. On peut aussi bien imaginer que le gouvernement britannique impose aux Européens souhaitant travailler à Londres par exemple, l’obtention d’un permis de travail. Réponse à la fin des négociations, qui ne devraient pas débuter, au moins, avant octobre.