L'application qui prétendait vouloir sauver des réfugiés était probablement un fake

BAH BRAVO L’application I Sea, dont la cause semblait honorable, a en réalité tout du fake et a été bannie de l’Apple Store…

W.P.

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Capture d'écran d'une vidéo de promotion pour l'application I Sea
Capture d'écran d'une vidéo de promotion pour l'application I Sea — Youtube

Et si ce n’était qu’un fake ? L’application pour iOS, I Sea, couverte de fleurs à son lancement en raison de son caractère humanitaire – elle visait à sauver les migrants passagers de bateaux en détresse en pleine mer Méditerranée -, se retrouve aujourd’hui bannie de l’Apple Store. La multiplication de plaintes de la part des utilisateurs de l’application et une enquête du Daily Dot pointant des dysfonctionnements grossiers ont eu raison d’I Sea.

Partager la mer entre utilisateurs

Le concept était simple. L’application promettait d’envoyer une image satellite d’un endroit fixe de la mer à chaque utilisateur qui se devait de surveiller celle-ci, afin de pouvoir signaler l’éventuelle présence d’un bateau en détresse et ainsi sauver des vies humaines. Les alertes d’utilisateurs d’I Sea devaient ensuite être traitées par l’ONG humanitaire maltaise Migrant Offshore Aid Station (MOAS), avec qui l’entreprise à l’origine de l’initiative, Grey Digital, s’est associée pour le projet.

Des images datant de 2015

C’est là que la présumée arnaque se situe. Les images reçues par les utilisateurs sont bien fournies par satellite – merci Google Maps -, mais elles datent de 2015, réduisant à néant l’utilité d’I Sea.

L’entreprise basée à New-York s’est justifiée en expliquant que l’application n’était qu’en « phase de test » et que « les images satellites en direct sont indisponibles au cours de cette période. »

Des informations annexes telles que la météo en temps réel sont également disponibles afin d’accentuer le supposé caractère réaliste de l’application, mais là encore, tout est faux.

En l’occurrence, sur la capture d’écran diffusée par le « twittos » révolté correspond, la météo est celle de la ville de Misrata, en Libye.

L’application demandait trop d’informations personnelles

Cerise sur le gâteau, I Sea est très demandeuse d’informations personnelles. Ainsi, un internaute s’est plaint sur Twitter de s’être vu demander son numéro de passeport par l’application. Délirant.

Une vaste mascarade qui n’a pas empêché le groupe Grey Digital de repartir du dernier festival international de la créativité de Cannes avec une médaille de bronze. Joli.