IVG médicamenteuse: Les gynécos provoquent une polémique sur les arrêts de travail

SANTE Le syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France a publié sur sa page Facebook le témoignage d'un médecin expliquant pourquoi l'arrêt de travail ne devrait pas être systématique pour les femmes dont l'IVG médicamenteuses se déroulerait sans souci...

W.P.

— 

Manifestation dans les rues de Lyon contre la mise en danger du droit a l'IVG.
Manifestation dans les rues de Lyon contre la mise en danger du droit a l'IVG. — FAYOLLE PASCAL/SIPA

Depuis le 5 juin dernier, les sages-femmes ont été autorisées, par décret, à réaliser des interruptions volontaires de grossesse (IVG) médicamenteuses. La nouvelle n’a pas forcément été accueillie avec optimisme par le Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France (Syngof), qui ne s’attendait sans doute pas à déclencher une vive polémique en publiant un communiqué sur le sujet. Mais ce n’est pas tout. Le syndicat a aussi publié sur sa page Facebook le témoignage de la docteure Elisabeth Paganelli, aux yeux de qui l’arrêt de travail ne devrait pas être systématique pour les femmes dont l’IVG « se passe bien. »

L’argument ultime de la gynécologue : l’égalité entre hommes et femmes au travail. "Si on considère que la femme est l’égale de l’homme au sein du travail et qu’elle puisse enfin être payée comme l’homme et avec égalité, il faut que les professionnels de santé évitent les arrêts de travail injustifiés à leurs patientes", écrit-elle notamment. Cette phrase, notamment, a suscité l’ire des internautes sur Twitter et Facebook.

« Un arrêt de travail ne peut pas être décidé a priori »

 

Comme le rapporte Slate.fr, le pragmatisme froid d’Elisabeth Paganelli ne tenant pas compte de l’état de santé des patientes a déplu à beaucoup de monde, dont le docteur et écrivain Martin Winckler, qui s’est lancé dans un pamphlet en réponse du post Facebook du Syngof.

« Ce que vous écrivez ici montre que beaucoup de gynécologues français.e.s n’ont pas pour mission de soigner ou d’assister les femmes, mais d’appliquer des valeurs et des normes qui n’ont rien à voir avec la vie et les besoins des citoyen.ne.s. Un arrêt de travail ne peut pas être décidé a priori. C’est la femme qui sait en quoi une IVG perturbe ou non sa vie, et c’est à elle de dire ce qui rendra les choses confortables. »

Et ce n’est pas fini. « Ce qu’on accorde aux hommes qui ont un lumbago ou une colique néphrétique (de dire s’ils se sentent capables ou non de retourner au boulot), les femmes y ont droit elles aussi. Et ce n’est pas aux médecins de définir a priori ce qu’un arrêt de travail pour IVG doit être. Sauf s’ils se considèrent d’abord comme des flics ou des juges, et non comme des soignants. Votre position sur le sujet n’est pas seulement dénuée d’empathie, elle est aussi profondément réactionnaire. Félicitations », termine Martin Winckler.