Le « parent shaming », phénomène internet à cibles variables

USA Les parents de l’enfant tombé dans l’enclos d’un gorille ont été pourris sur le web, quand ceux du petit tué par un alligator sont largement soutenus (à raison)…

O. P.-V.

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Le corps de l'enfant happé par un alligator a été retrouvé, le 15 juin 2016 à Orlando en Floride
Le corps de l'enfant happé par un alligator a été retrouvé, le 15 juin 2016 à Orlando en Floride — Gregg NEWTON AFP

Les faits divers dramatiques impliquant des enfants sont malheureusement courants. Ces derniers jours, plusieurs d’entre eux ont illustré la manière dont les parents peuvent être traités dans ces cas-là. Il y a eu l’enfant japonais perdu dans la forêt par ses parents qui voulaient le punir, le petit Américain de quatre ans tombé dans l’enclos d’un gorille qui a dû être abattu, et dernièrement un garçon de deux ans happé par un alligator sur le domaine de Disneyland en Floride.

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Les parents, Matt et Melissa Graves, ont été critiqués par certains sur Twitter pour leur supposée négligence, pour avoir laissé leur fils jouer la nuit sur une plage.

Ces réactions, minoritaires, ont entraîné une vague de messages de soutien, notamment de la part d’autres parents, qui ont posté des photos de leur enfant jouant sur cette plage ouverte au public. Le post de cette mère du Massachusetts a par exemple été partagé plus de 200.000 fois. On y voit son fils jouant sur la plage en question une heure avant l’attaque. « Je peux vous assurer que je ne pensais pas aux alligators du tout quand Channing était dans l’eau. C’est une plage minuscule, entourée par des piscines, des toboggans, un restaurant et un feu de camp », a-t-elle écrit en description, ponctuant son message d’un hashtag « Jugez moins, priez plus ».

Un autre message encore plus viral, partagé 450.000 fois depuis jeudi et écrit une mère américaine, s’en prend aux critiques adressées au couple Graves : « Nous vivons désormais dans une époque où les accidents ne peuvent pas arriver. Vous m’avez entendu. Les accidents, quels qu’ils soient, n’arrivent juste plus. Pourquoi ? Parce que nous sommes devenus une nation de personnes qui blâment et humilient. »

Un accident dans les deux cas

A l’inverse, quand le 28 mai, le zoo de Cincinatti a dû abattre un gorille car un enfant de quatre ans était tombé dans son enclos, les parents du garçon ont été pris à parti par les internautes, jugés responsable de la mort de l’animal pour ne pas avoir surveillé leur fils, qui avait rampé sous une barrière avant de tomber dans la fosse où le gorille l’a attrapé. Un hashtag a émergé, #JusticeForHarambe (le nom du singe), et des menaces de mort ont été proférées contre les parents.

Pourtant, dans les deux cas, l’alligator comme le gorille, il s’agissait d’un accident (un « tragique accident » selon le directeur du zoo de Cincinatti, qui ne blâmait pas le couple). Pourquoi cette différence de traitement alors ? Un directeur de zoo américain, interrogé par la chaîne de télévision WUSA, pense que la nature de l’animal a fait la différence : « Il est bien plus facile d’aimer un gorille. Ils nous ressemblent. Harambe était connu, il avait un visage, un nom et une histoire. Ces alligators n’ont ni visage, ni nom. »