Uber sait de quoi vous êtes capable quand votre batterie de téléphone est vide

APPLI L'entreprise de VTC a étudié le comportement de ses utilisateurs...

N.Beu.

— 

L'application Uber utilisée à New York, en mars 2015.
L'application Uber utilisée à New York, en mars 2015. — Mary Altaffer/AP/SIPA

Une batterie de téléphone vide vous rend moins exigeant. C’est en tout cas ce qu’Uber a constaté en analysant ses données. Selon le patron de la recherche au sein de l’entreprise de VTC, Keith Chen, qui s’est confié à la radio NPR, les utilisateurs de l’application seraient en effet bien plus enclins à surpayer une course lorsque leur téléphone menace de les lâcher.

Pour le savoir, Uber n’a pas eu à interviewer ses utilisateurs à la sortie des boîtes. L’ennemi numéro 1 des taxis a simplement étudié le comportement des utilisateurs dont le téléphone et donc l’appli étaient passés en mode « économie d’énergie ». Et les résultats sont clairs : alors qu’un individu à la batterie pleine peut se permettre d’attendre le meilleur prix (les tarifs d’Uber sont indexés sur la demande), son voisin à la batterie chancelante se montre moins regardant, de peur de devoir rentrer par le bus de nuit.

Et alors ?

Un sociologue amateur en aurait conclu autant, nous direz-vous. Pourtant, le propos de Keith Chen n’a rien d’anodin. Si Uber a la preuve qu’une batterie vide vous rend moins exigeants, qu’est-ce qui l’empêcherait d’adapter ses tarifs à ses clients en mode « économie d’énergie » ? Rien, a priori, sinon la morale. Mais « nous n’utilisons pas du tout cela pour vous pousser à accepter des prix plus élevés », répond Keith Chen, qui évoque simplement « un aspect psychologique intéressant du comportement humain ».

Si Chen assure que la « douleur psychologique » que provoque le paiement est un élément qu’il prend très au sérieux, Uber a toutefois déjà été épinglée par le passé pour sa moralité relative. En 2014,rappelle Mashable, l’entreprise avait ainsi dû présenter ses excuses à ses clients pour avoir profité d’une prise d’otages à Sydney pour gonfler ses prix. En 2015, elle avait fait de même à l’occasion d’une grève de métro à Londres.