Une cheffe d’entreprise s’agace d’un slogan anti-patrons pendant une manifestation

SERMON La patronne a publié un long message dimanche sur Facebook partagé presque 60.000 fois…

O. P.-V.
— 
Deux manifestantes à paris le 5 avril.
Deux manifestantes à paris le 5 avril. — Juliette Duclos/Twitter

C’est un coup de gueule contre un slogan en particulier : « Sous le pont d’Avignon, on y pend tous les patrons ». Le message, inscrit sur des pancartes par deux manifestantes avignonnaises contre la loi Travail, a été pris en photo à Paris le 5 avril.


Sonia, une cheffe d’entreprise agacée par l’inscription, a publié sur Facebook dimanche un long texte sermonnant les deux jeunes femmes.


Son post a été partagé presque 60.000 fois ce jeudi. Elle emploie d’abord un ton ironique : « J’ai beaucoup aimé ton slogan. Un sens de la rime et de l’à-propos extraordinaire. […] En voyant ton sourire radieux à cette idée formidable que tu venais d’avoir, je suis bien entendu immédiatement partie acheter une corde. »

Contre les amalgames

Mais son message vise surtout à dénoncer les menaces physiques et les amalgames entre les différents types de chefs d’entreprise : « Vu que tu ne sembles pas porter la hiérarchie dans ton coeur, peut être vas-tu choisir d’être indépendante. Et là BIM !!! Tu seras ton propre patron. Je sais ça fait un choc hein mais… tu seras patron. A toi la corde, le goudron et les plumes. […] Je SAIS que tu visualisais un gros bedonnant avec un gros cigare, son gros cul dans un gros fauteuil en cuir dans une grande tour avec un gros parachute doré à ses pieds (à côté de son assistante). Mais crois-le ou non dans notre pays ce sont les TPE et les PME qui génèrent le plus d’emplois. Crois-le ou non il y a des patrons qui donnent leurs actions à leurs salariés. […] D’autres qui sauvent des villages. On me souffle dans l’oreillette que ça s’appelle l’humanité, la diversité, la différence et la nuance. Un peu comme il y a des manifestants qui sourient de leur bêtise et d’autres qui ont lu le projet de loi et défendent de vraies convictions… tu vois ? »