Festival de Cannes: Laurent Lafitte explique sa blague sur Woody Allen et se fait huer sur Twitter

CINEMA La pique lancée par Laurent Lafiitte à Woody Allen n'a pas du tout été interprétée comme il fallait...

L.C.
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Laurent Lafitte le 11 mai 2016 à Cannes.
Laurent Lafitte le 11 mai 2016 à Cannes. — James Gourley/Shutterst/SIPA

Parfois, il ne vaut mieux pas expliquer ses blagues. Laurent Lafitte en a fait les frais. Après être revenu sur le sens de sa pique lancée à Woody Allen mercredi, le maître de cérémonie du festival de Cannes a déçu beaucoup de monde et s’est fait inonder d’insultes sur les réseaux sociaux, quelques heures après avoir été adulé par les twittos américains.

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Une blague courageuse ? Pas tant que ça…

Tout a commencé mercredi soir lors de la cérémonie d’ouverture. Laurent Lafitte s’adresse au réalisateur américain. « Ça fait plaisir que vous soyez en France parce que ces dernières années vous avez beaucoup tourné en Europe, alors que vous n’êtes même pas condamné pour viol aux Etats-Unis ». Une phrase interprétée par beaucoup comme une pique pouvant faire allusion aussi bien aux accusations d’agressions sexuelles de la fille adoptive de Woody Allen, Dylan Farrow, qu’à Roman Polanski, poursuivi aux Etats-Unis pour le viol présumé d’une mineure.

De très nombreux Américains ont découvert l’acteur français après cette blague et ont salué sur les réseaux sociaux ce qu’ils ont perçu comme un acte audacieux et courageux, qui plus est dans un événement aussi médiatisé que le Festival de Cannes.

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« C’était censé être une blague sur le puritanisme américain »

Mais c’est avant que Laurent Lafitte s’explique sur sa blague, dans les colonnes du Hollywood Reporter jeudi [en anglais]. « Après la soirée, on m’a dit qu’il y avait eu des réactions fortes. Ce que je n’ai appris que ce matin [le jeudi 12 mai], c’est que le fils de Woody Allen avait fait la veille une déclaration, l’accusant de viol. Je ne le savais pas ».

Il a également expliqué le sens de cette pique. « Quand j’ai écrit cette blague, c’était plutôt une blague sur l’Europe, et sur le fait que [Roman Polanski], l’un des plus grands réalisateurs américains, avait dû passer des années en Europe, alors que Woody Allen n’y était pas obligé, puisqu’il n’était pas accusé de viol dans son propre pays justement. A l’inverse de Polanski. C’était censé être une blague sur le puritanisme américain et le fait qu’il est surprenant qu’un réalisateur américain veuille faire autant de films en Europe. Je n’étais pas au courant du reste ».

Dans cette interview, Laurent Lafitte explique également que s’il avait été au courant de l’affaire Dylan Farrow, il n’aurait pas fait cette blague.

Ignorait-il vraiment le scandale qui a éclaboussé l’octogénaire aux Etats-Unis ? 

En tout cas, ses explications ont déclenché la colère des détracteurs des deux réalisateurs, outrés qu’il puisse qualifier de « puritanisme américain » les poursuites judiciaires contre Roman Polanski pour « viol sur mineur ». Il a même été assimilé à… Donald Trump.

Pluie de critiques sur Twitter

« Un acteur français qui pense que lorsque les Etats-Unis jugent les crimes sexuels contre les enfants, c’est du puritanisme », écrit un présentateur de la chaîne CNN.

Pour un autre internaute, « ce Français vient de passer en tête de liste des porte-paroles potentiels de [Donald] Trump à la Maison-Blanche ».

Pour rappel, voici un aperçu de ce que les Américains pensaient de Laurent Lafitte avant d’avoir le fin mot de l’histoire.

L’actrice Blake Lively, qui joue dans Café Society, le dernier film de Woody Allen, a également réagi à la blague de Laurent Lafitte. Interrogée par Variety, elle a estimé que « n’importe quelle blague sur le viol, l’homophobie, ou Hitler n’est pas une blague ». Ce qui est certain, c’est qu’en expliquant sa blague, l’acteur l’a fait complètement tomber à plat.