Etats-Unis: Twitter veut (un peu) moins collaborer avec les autorités

SÉCURITÉ Après Apple qui a refusé de collaborer avec le FBI dans l’affaire de la fusillade de San Bernardino, Twitter veut désormais limiter l’accès des agences de renseignements à un logiciel d’analyse de tweets en temps réel…

L.C.

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Illustration - Le site Twitter.
Illustration - Le site Twitter. — LEON NEAL / AFP

La Silicon Valley est-elle en train de se rebeller (légèrement) contre les autorités américaines de surveillance ? Après Apple, qui a refusé de débloquer l’IPhone du tueur de San Bernardino malgré les pressions du FBI, voilà que Twitter décide de priver les agences de renseignements d’un outil informatique utilisé notamment dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, selon un article paru dimanche dans le Wall Street Journal(WSJ). Il s’agit de  Dataminr, un logiciel d’analyse en temps réel des messages postés sur le site de microblogging.

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Dataminr, dont Twitter ne détient que 5 % des parts, est la seule société ayant accès à l’ensemble des messages publiés sur le réseau social. Il est utilisé par des clients privés, des médias et des agences de renseignements. Selon le WSJ, qui cite des sources proches du dossier, Twitter a expressément demandé à ce que l’outil ne soit plus mis à la disposition des services secrets.

Cela ne les empêche pas d’analyser les contenus partagés publiquement sur le réseau social, mais ils se retrouvent privés d’un outil précieux et performant, capable de croiser des tonnes de données. Par exemple, après les attentats de Bruxelles le 22 mars 2016, le logiciel a alerté ses clients avant que les attaques ne soient relayées par les médias, indique le WSJ. Selon une source du renseignement américain citée par le journal, cette décision de Twitter s’inscrit dans un souci de ne pas paraître trop proche du gouvernement américain.

Apple, le FBI et la fusillade de San Bernardino

Un autre géant du Web a récemment donné du fil à retordre aux autorités américaines. Apple a refusé de transmettre au FBI une clé de décryptage qui lui aurait permis d’accéder au contenu du téléphone portable utilisé par l’auteur de l'attentat de San Bernardino, en Californie, en décembre dernier.

>> A lire aussi : San Bernardino: Comment le FBI a-t-il débloqué l'iPhone du suspect sans Apple?

Après plusieurs semaines de bras de fer entre le géant des nouvelles technologies et l’agence de renseignements, le FBI est finalement parvenu à débloquer le téléphone sans l’aide d’Apple, le 28 mars dernier.