VIDEO. Harcèlement sexuel: Pétitions, coups de gueule... Les féministes réagissent au scandale Baupin

REACTIONS Sur les réseaux sociaux, les militants des droits des femmes réclament des mesures pour lutter contre le harcèlement sexuel après le scandale Baupin...

L.C.

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Denis Baupin, le 30 novembre 2013 à Caen.
Denis Baupin, le 30 novembre 2013 à Caen. — Alain ROBERT/APERCU/SIPA

Les militantes féministes utilisent régulièrement les réseaux sociaux pour dénoncer des faits de harcèlements sexuels et lancer des campagnes contre le sexisme. Pour nombre d’entre elles, le scandale Baupin qui a éclaté ce lundi est un peu la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

>> A lire aussi : Le député écologiste Denis Baupin accusé de harcèlement sexuel par des élues

Le coup de gueule viral de Caroline de Haas sur Facebook

La militante Caroline de Haas a été l’une des premières à réagir. « Depuis ce matin, des journalistes m’appellent et me demandent « pourquoi les femmes n’ont pas porté plainte ? ». Aucun. e journaliste ne m’a demandé « pourquoi les responsables politiques n’ont pas réagi ? »», déplore-t-elle sur sa page Facebook, dans un message « liké » par plus de 600 utilisateurs en trois heures.

Elle est aussi revenue sur de précédentes affaires sexuelles impliquant des hommes politiques français déplorant que les soupçons d’agression sexuelle perpétrée il y a un an par un ministre n’aient pas mené à une enquête. « Rien. Nada. Zéro réaction. Un ministre agresse sexuellement une journaliste et on fait comme si on avait pas vu », s’indigne la militante féministe, qui dénonce les réactions à la légère comme « y a pas mort d’homme hein ? » ou « tu vas t’attirer des ennuis » et « t’auras aucune responsabilité ». Et de conclure : « Souhaitons que cette parole permette de lever l’omerta ».

Depuis ce matin, des journalistes m'appellent et me demandent "pourquoi les femmes n'ont pas porté plainte ?". Aucun.e...

Publié par Caroline De Haas sur lundi 9 mai 2016

De nombreux militants des droits des femmes ont réagi sur Twitter avec le mot-dièse #LevonsLomerta. Il a aussi été repris par des élus écologistes, dont le maire de Grenoble Eric Piolle.

« Le sentiment d’impunité n’a pas de limite », a réagi l’association Osez le féminisme en exhumant un ancien tweet de Denis Baupin qui prenait en 2011 la défense des victimes de viol.

Comme c'est le cas de façon quasi-systématique pour les mots-dièses très populaires, certains l'utilisent pour toucher une large audience avec des contenus sensiblement contradictoires avec la cause féministe.

Plusieurs pétitions en ligne

Un collectif baptisé « Violences sexuelles et politique : levons l’omerta ! » a lancé ce lundi une pétition en ligne sur le site Change.org. En quelques heures, le texte, qui exige notamment l’exclusion des partis politiques des responsables auteurs de violences sexuelles, a réuni plus de 1.200 signatures. Caroline de Haas, à l’origine de la pétition record contre le projet de loi El Khomri, a relayé cette nouvelle pétition en ligne.

Une autre pétition, toujours sur Change.org, demandait dès ce lundi matin la démission du vice-président de l’Assemblée nationale. Les 382 signataires n’ont pas eu longtemps à attendre : Denis Baupin a démissionné en milieu de journée.