Manifestation du 1er mai: Des militants #NuitDebout dénoncent les violences policières sur Twitter

DEBORDEMENTS Twitter est la plateforme privilégiée pour relater les violences qui ont émaillé la journée de mobilisation du 1er mai 2016 à Paris…

L.C.

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A Paris, la place de la République a été évacuée le 1er mai 2016 au soir.
A Paris, la place de la République a été évacuée le 1er mai 2016 au soir. — Kamil Zihnioglu/AP/SIPA

Les participants au mouvement #NuitDebout se font remarquer par leur usage pointu des nouvelles technologies et des réseaux sociaux. Après l’évacuation de la place de la République  dimanche 1er mai à Paris, de nombreux militants ont dénoncé les violences policières sur Twitter. Des témoignages qui ont ensuite été repris dans la presse lundi.

Des témoignages repris sur le compte Twitter de #NuitDebout

Plusieurs témoignages postés sur Twitter ont été relayés sur compte officiel de #NuitDebout, notamment ceux de Fabien Marcot et Sylvie Aebischer, deux anciens militants du Front de gauche, et d’un membre du groupe Jean-Pierre Vernant rassemblant des universitaires proches de la gauche. A chaque fois, le procédé est le même : une série de tweets, parfois numérotés, pour raconter, en messages de 140 caractères, ce qu’ils ont vu dans le métro parisien dimanche soir, en conclusion de l’évacuation par les forces de l’ordre de la place de la République.

La série de tweets de Fabien Marcot et Sylvie Aebischer a été relayée sur le compte officiel de #NuitDebout avec le mot-dièse #ViolencesPolicières.

Le mouvement avait déjà relayé de précédents témoignages avec le même mot-dièse, dont ceux de Simon Guillemin et d’Aline, le 28 avril dernier à Paris, ou celui d’Anna, le 28 avril à Nantes.

Des témoignages de violences policères relayés sur le compte Twitter du mouvement #NuitDebout le 2 mai 2016.
Des témoignages de violences policères relayés sur le compte Twitter du mouvement #NuitDebout le 2 mai 2016. - Twitter

Des photos et vidéos postées sur les réseaux sociaux

Après l’évacuation musclée de la place de la République par les forces de l’ordre, plusieurs militants racontent avoir été pris au piège dans le métro parisien. Ils font aussi état de débordements de la part de la police. A la station Jacques Bonsergent (sur la ligne 5, dans le 10e arrondissement), Fabien Marcot raconte s’être retrouvé coincé avec de nombreux manifestants sur les quais envahis de gaz lacrymogène. D’autres internautes ont aussi partagé sur Twitter des photos et des vidéos de cette scène.

De son côté, Sylvie Aebischer relate une scène similaire qui s’est déroulée dimanche soir à la station Nation (12e arrondissement). Là aussi, les forces de l’ordre ont selon les témoins fait usage de gaz lacrymogène. La militante Aebischer raconte également qu’un CRS tenait en joue les usagers avec un flash-ball. Elle dénonce également des contrôles au faciès effectués par les CRS.

Près de 13.000 vues sur Storify 

Ces deux témoignages ont été relayés par de nombreux internautes. Sur Storify, un outil qui permet de rassembler une série de tweets, le récit de Fabien Marcot et Sylvie Aebischer, posté lundi après-midi, a été vu près de 13.000 fois en moins de 24 heures.

De nombreux militants #NuitDebout se sont également tournés vers la plateforme de microblogging pour témoigner. En huit tweets numérotés, le compte Twitter du groupe Jean-Pierre Vernant, qui rassemble 59 universitaires proches de la gauche de gouvernement, a raconté l’expérience de l’un de ses membres qui s’est retrouvé dimanche « avec une trentaine d’autres "vieux" compressés jusqu’à crever par des CRS contre un mur ».

Ce témoignage a également été largement relayé par de nombreux militants #NuitDebout.

Ces récits de scènes de panique dans le métro parisien, qui n’avaient pas été immédiatement mentionnés dans les médias dimanche soir, ni lundi matin, ont finalement été repris sur plusieurs sites d’actualité dès lundi, dont Metronews et Buzzfeed.

De fausses photos

Les réseaux sociaux ont aussi été le théâtre choisi par des militants prenant la défense des forces de l’ordre. Ainsi, certains internautes ont posté sur Twitter des photos de policiers et de CRS blessés. Comme le souligne le site du Monde Les décodeurs, certaines photos relayées dimanche et lundi n’ont en réalité aucun rapport avec les événements du 1er mai 2016 en France.