Une ministre norvégienne se jette à l'eau pour se mettre dans la peau des migrants

RIDICULE Une initiative plutôt manquée pour cette ministre anti-immigration…

A.B.

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Pour comprendre ce que vivent les migrants, la ministre norvégienne de l'Immigration, Sylvi Listhaug, s'est jetée à l'eau dans une solide combinaison anti-noyade au large de Lesbos.
Pour comprendre ce que vivent les migrants, la ministre norvégienne de l'Immigration, Sylvi Listhaug, s'est jetée à l'eau dans une solide combinaison anti-noyade au large de Lesbos. — dagbladet

Une initiative qui fait « plouf ». Habituée à défrayer la chronique dans son pays, Sylvi Listhaug, la ministre norvégienne (anti-immigration) de l’Immigration, s’est pliée à un exercice… incongru, qui lui vaut d’être l’objet de nombreuses moqueries. Ce mardi, elle a participé à un exercice de sauvetage en Méditerranée avec les équipes de Frontex et a fini à l’eau lors d’une opération com' pour le moins ratée.

Comprendre « ce que c’est d’être dans l’eau »

La ministre norvégienne de l’Immigration risque de se traîner un bon moment cette casserole. Le 19 avril, elle s’est jetée dans la Méditerranée pour, selon ses dires, comprendre ce que vivent les milliers de migrants qui franchissent chaque jour la mer Egée au péril de leur vie. « Vous ne pouvez pas vous mettre dans la même situation que les réfugiés, mais vous pouvez la voir depuis leur point de vue, ce que c’est d’être dans l’eau » a-t-elle déclaré à l’agence de presse NTB. A bord du navire de l’équipe norvégienne de Frontex (Agence européenne de gestion des frontières extérieures de l’UE) qui se trouvait au large de Lesbos (Grèce), Sylvi Listhaug a tenu faire de cette expérience symbolique le point d’orgue de son déplacement. Mais comme deux précautions valent mieux qu’une, elle a d’abord revêtu une (très épaisse) combinaison de survie qui empêche de se noyer. Un équipement dont les migrants qui tentent de rejoindre l’Europe sur des embarcations de fortune n’ont pas la chance de bénéficier.

Après un petit bain de mer de quelques minutes, Silvi Listhaug a pu compter sur les sauveteurs norvégiens pour la sortir des eaux.

« J’ai parlé avec l’équipage, qui m’a raconté des histoires horribles. Ce sont des héros qui ont sauvé plus de 3.000 personnes. Lorsqu’ils m’ont proposé de voir comment ils travaillaient, il est clair que j’ai accepté. Il aurait été totalement impoli de ma part de ne pas le faire », s’est-elle justifiée. C’est sûr, ce serait pas poli d’être impolie.

Mannskapet på redningsskøyten spurte meg om jeg ville se hvordan de jobber og bli reddet opp av sjøen, og det gjorde jeg...

Publié par Sylvi Listhaug sur mercredi 20 avril 2016

Des migrants renvoyés en Russie par -30 °C

On peut néanmoins se demander quelles sont les motivations de la ministre, membre du parti du progrès et décriée pour sa politique migratoire pour le moins restrictive. En novembre dernier, elle avait déclaré vouloir « réagir à la tyrannie de la bonté qui traverse la société norvégienne comme un cauchemar ». En janvier, elle enfonçait le clou en décidant de renvoyer des migrants de la Norvège vers la Russie alors que la température y frôlait les - 30 °C.

« Quand des personnes n’ayant pas le droit de séjour en Norvège sont renvoyées vers d’autres pays, cela implique dans la plupart des cas qu’elles repartent vers des conditions moins bonnes qu’en Norvège, tout simplement parce que la Norvège est un des pays où il fait le mieux vivre, avait-elle affirmé. Cela ne veut néanmoins pas dire qu’on ne peut ni ne doit effectuer de tels retours ».

« Ridicule »

Du coup, ce petit plongeon au large de Lesbos en a déconcerté plus d’un et au final, la séquence a été largement moquée sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, la députée socialiste Karin Andresen lui a même suggéré d’« ouvrir sa fenêtre pour savoir ce que ça fait d’être sans abri ».

Et nombreux sont ceux qui ont trouvé cette initiative tout à fait « ridicule ».

Un autre internaute a quant à lui tweeté un montage de la ministre atterrissant dans un verre d’eau, tandis qu’un autre plaisante en expliquant qu'« elle se prend pour un saumon ».