L'artiste Anish Kapoor s'offre le «Vantablack», le noir le plus intense du monde

BLACK OUT L’artiste britannique s’est offert l’utilisation exclusive du revêtement absorbant 99,96 % de la lumière et ses collègues voient rouge…

20 Minutes avec agence

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L'artiste Anish Kapoor à New York le 19 septembre 2006
L'artiste Anish Kapoor à New York le 19 septembre 2006 — Brad Barket Getty Images North America

C’est un noir si sombre qu’il absorbe 99,96 % de la lumière. Cet « ultra-noir », c’est le Vantablack et Anish Kapoor vient d’en acquérir les droits exclusifs. Le Britannique est donc désormais le seul artiste à pouvoir utiliser « le noir le plus noir du monde », croit savoir le Daily Mail.

« Si profondément noir que vous ne pouvez presque pas le voir »

Initialement mis au point par la société Surrey NanoSystems à des fins militaires (sa furtivité a été mise à contribution dans la fabrication d’avions), le Vantablack n’est pas une peinture, ni même une couleur, mais un revêtement composé de séries de nanotubes alignés verticalement.

Mais il est si « profondément noir que vous ne pouvez presque pas le voir. Il a une sorte de qualité irréelle », expliquait Anish Kapoor à la BBC en 2014. De fait, recouvrir un objet de ce Vantablack permet entre autres de donner l’illusion qu’il est plat. Pourquoi ? Parce qu’il ne comportera quasiment aucun relief créé par l’éclairage.

« Je n’ai jamais rien entendu qui soit si absurde »

Si cet embargo sur le Vantablack fait le bonheur du sculpteur et plasticien d’origine indienne, ses homologues voient rouge. « Je n’ai jamais entendu parler d’un artiste monopolisant un matériau… Nous devrions être en mesure de l’utiliser. Il n’appartient pas à un seul homme. », s’est ainsi insurgé le peintre britannique Christian Furr, cité par le Daily Mail. « Je n’ai jamais rien entendu qui soit si absurde. Dans le monde de la création et des artistes, personne ne devrait avoir le monopole », a, pour sa part, déclaré l’artiste Shanti Panchal.

Qu’importe la volée de bois vert, Anisk Kapoor, habitué des polémiques, est désormais le maître d’un pigment hors norme. Un noir parfait qui devrait donc bientôt recouvrir l’une de ses œuvres monumentales.