J'ai testé le kite-surf

Nicolas Coisplet

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Séance de Kitesurf, à l'île Maurice.
Séance de Kitesurf, à l'île Maurice. — Ed Harris/Reuters

Une combinaison et des chaussons en néoprène, un gilet de flotaison, un harnais et un casque équipé d’une radio: avec un déguisement pareil, pas évident de danser dans une soirée à thème. Mais pour une initiation au kite-surf, ça peut aider. C’est en tout cas l’opinion de Damien et Mathieu, moniteurs de l’ecole Kite-R, qui m’ont reçu.

Installés à Franceville (Calvados), ils revendiquent une méthode «basée sur l’apprentissage par soi-même». Alors, une fois installé au bord d’un long banc de sable, on découvre le matériel et on écoute sagement quelques minutes de théorie. Puis notre moniteur, Mathieu, fait décoller une sorte de gros cerf-volant au-dessus de lui. «C’est pas compliqué, dit-il. Il faut tenir la barre avec les bras tendus, comme un guidon. On tire à droite ou à gauche pour la diriger. Qui veut commencer?»

Perso, je passerais bien en deuxième. Arnaud, un grand gaillard tatoué, s’avance. Mais il y a un hic: « T’as pas ton casque, Arnaud. Qui a son casque? Nicolas!» Pas de bol, Nicolas, c’est moi... J’agrippe la barre. L’aile est au-dessus de moi. Je tire un peu sur la gauche, l’aile part à gauche. Mais elle est devant moi et elle tire comme une malade. «Physiquement, impossible de résister», avait expliqué Mathieu tout à l’heure. Je confirme. Me voilà traîné sur le sable. On dirait (presque) Ben Hur dans la course de chars. Derrière moi, une voix hurle: «Lâche la barre, lâche la barre!» J’obtempère, et ma glissade s’arrête. «Voilà ce qui arrive quand on n’écoute pas», ajoute Mathieu. Euh, ouais... C’est pas que j’écoutais pas. J’entendais pas. Je me prenais pour Ben Hur.

Je me relève avec deux-trois égratignures. On redécolle l’aile. Ce coup-ci, je contrôle. «On va faire de la nage tractée», lance Mathieu. OK, j’avance à petits pas. Arnaud, le grand gaillard, attrape une poignée dans mon dos pour me lester avec son propre poids. On entre dans l’eau. J’envoie l’aile sur la droite, en direction des nudistes qui se promènent dans les dunes, et elle nous tracte. Je suis presque tiré hors de l’eau. Un coup à gauche.. et merde, je m’emmêle les fils avec un autre gars. Dans mon casque, j’entends la voix de Mathieu à la radio: «Lâche la barre, reviens sur le sable.» Cinq minutes plus tard, on a dépatouillé notre sac de noeuds. C’est au tour d’Arnaud d’essayer la nage tractée. Il se débrouille bien. Faut dire que, dans le rôle du contrepoids, j’assure un max.

Plus tard dans l’après-midi, après d’autres exercices de nage tractée, Mathieu nous explique comment réussir un départ sur sa planche. «On garde les bras tendus et on utilise la force de l’aile pour se lever.» Dans ma tête, je me dis OK, la force de la voile, elle va encore te traîner sur l’eau comme un pantin désarticulé. Mais le vent mollit subitement, et on doit interrompre la séance. C’est peut-être mieux comme ça. L’utilisation de la planche et les figures impossibles, ça sera pour une autre fois.

Pratique
Kite-R, à Merville-Franceville. Tél.: 02 31 24 12 52 ou 06 87 12 34 51. Séance découverte de 4 heures à partir de 95 euros.