Vente aux enchères: Une collection de 250 météorites proposée à Drouot

ESPACE Estimés entre 100 et 60.000 euros, les corps célestes sont accessibles à toutes les bourses ce lundi à la salle Drouot à Paris...

A.B. avec AFP

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une météorite proche de la Terre
une météorite proche de la Terre — Reuters

Amateurs de cabinet de curiosités, astrophysiciens, artistes contemporains ou passionnés de déco ont rendez-vous, lundi, pour une vente exceptionnelle de quelque 250 météorites à Drouot.

Des pièces estimées entre 100 et 60.000 euros

« Des gens font une fixette sur les météorites », explique Christophe Lucien, commissaire-priseur de la vente. Les collectionneurs sont de plus en plus nombreux, se comptant désormais par milliers et semblent tous envoûtés pour ces objets célestes, objets de culte dans l’antiquité.

Cette vente aux enchères est la plus importante de ce genre en termes de quantité, selon la maison de vente Lucien Paris, avec un grand nombre de Pallasites retrouvées dans le sud de la Sibérie occidentale contenant de grands cristaux d’olivine, des minéraux de couleur vive, piégés dans le fer et le nickel.

Les deux pièces les plus chères sont estimées à 60.000 euros mais de nombreuses autres ne dépassent pas les 100 euros.

« Cest comme un objet dart »

Le premier critère de valeur pour une météorite, c’est sa rareté, sa valeur scientifique. Mais depuis peu, un nouveau facteur entre en jeux : sa forme, sa structure, bref, sa beauté. Pour certains amateurs, ces cailloux extraterrestres sont des objets de décoration. « C’est comme un objet d’art, façonné par la haute atmosphère », s’enthousiasme le commissaire-priseur. « Sur certaines météorites, on a l’impression de voir des traces de pouces comme sur les œuvres de Rodin. »

Des artistes contemporains ont rejoint les rangs de leurs adeptes. « C’est la grande surprise de cette vente », selon Christophe Lucien. « Beaucoup d’artistes, ayant l’impression d’avoir fait le tour de leur art, se tournent vers le plus infini, vers l’impalpable ». Au début de l’année, l’artiste Danois Olafur Eliasson a exposé à la Fondation Louis-Vuitton à Paris une météorite de quatre milliards d’années.

Lundi, pas de météorites lunaires ou martiennes. « Ce qui fait la valeur de cette vente, c’est son côté esthétique », estime Luc Labenne, spécialiste des météorites. Pierre Delpuech, le propriétaire de la collection en vente lundi, « était assez précurseur dans sa manière de collectionner les météorites car il y a 10 ans, la forme avait peu d’importance », relève-t-il.

Amateurs de cabinets de curiosités

Autres fans de ces corps célestes, les amateurs de cabinets de curiosités, qui reviennent en force. Collectionner, chez soi, comme au XVIIe siècle, des objets rares et chargés de mystère redevient très à la mode en France et plus largement en Europe.

Les météorites y côtoient des cornes de narval, des nautiles montés (des mollusques pourvus d’une coquille spiralée), des défenses de rhinocéros blancs. « Ce phénomène concerne des gens de tout domaine, riches comme pauvres, de toutes classes sociales », précise Christophe Lucien.

A l’autre bout du globe, de riches amateurs chinois sont également prêts à dépenser une fortune pour acquérir des fragments de météorite, faisant bondir les prix et bousculant le marché mondial. « Les chinois adorent les objets qui sont chargés de légende, de signification », explique le commissaire-priseur.

Des acquisitions gardées pour toujours

Mais le marché reste restreint. Les météorites tombent du ciel au compte-gouttes et sont encore plus rarement retrouvées. « Il n’y a pas tellement de pièces en circulation », note Christophe Lucien. D’autant plus que les collectionneurs de météorites ont l’étonnante particularité de garder pour toujours leurs acquisitions. « Sans cette vente, je n’aurai pas soupçonné l’existence de ces gens », s’amuse Me Julien.

« La météorite dite de Gibeon de 110 kg, une de celles qui dominent la vente, a une surface avec des creux », explique Luc Labenne qui a estimé l’objet à 60.000 euros. Quand la météorite rentre dans l’atmosphère, sa surface est portée à de hautes températures et les turbulences creusent la météorite en faisant ces petites dépressions. « Ça lui donne une forme fabuleuse », s’enthousiasme Luc Labenne, qui aimerait qu’elle soit achetée par un musée pour que le public puisse l’admirer.

Un ensemble de minéraux, d’instruments et de livres scientifiques anciens seront également mis en vente.