Zimbabwe: Quand Mugabe se trompe et répète un discours déjà prononcé devant le parlement

DOUBLON Pour l’opposition, « ce discours montre clairement que Robert Mugabe n’a plus les facultés mentales requises pour continuer à occuper le poste de chef de l’Etat »…

20 Minutes avec agences

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Le président du Zimbabwe Robert Mugabe lors d'une session de l'ONU à Vienne, le 3 novembre 2014
Le président du Zimbabwe Robert Mugabe lors d'une session de l'ONU à Vienne, le 3 novembre 2014 — Patrick Domingo AFP

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a prononcé par erreur mardi au parlement le même discours que celui donné le mois dernier au Parlement, devant des députés de l’opposition.

« Il y a eu un mélange et le président a prononcé le mauvais discours lors de l’ouverture de la session parlementaire. La confusion s’est produite au niveau du secrétariat. Nous regrettons sincèrement cette erreur et des mesures disciplinaires sont envisagées », a expliqué George Charamba, le porte-parole du président zimbabwéen, au quotidien gouvernemental The Herald.

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Des menaces anonymes reçues par SMS par les députés d’opposition

L’inamovible Robert Mugabe, 91 ans, au pouvoir depuis l’indépendance en 1980, a donc relu pendant 25 minutes l’intégralité du texte déjà prononcé devant les députés lors de son intervention sur l’état de la nation le mois dernier. Et cela sans visiblement s’apercevoir qu’il prononçait le mauvais discours.

Si les journalistes qui couvraient l’événement ont, eux, rapidement pointé les similitudes entre les deux discours, les députés de l’opposition, qui avaient chahuté le président lors de son précédent discours le 25 août, sont cette fois restés silencieux. Pourquoi ? Parce que selon Innocent Gonese, leader parlementaire du Mouvement pour la Démocratie et le Changement (MDC, principal parti d’opposition), plusieurs députés avaient reçu un SMS anonyme, les mettant en garde contre toute perturbation pendant le discours de Robert Mugabe.

« Le signe certain de sénilité et d’une grossière faillite de la santé mentale »

« Le message, qui commençait par le mot "mort", vient d’un numéro masqué et avertit les députés concernés que leur immunité s’arrête aux portes du Parlement », les a « mis en garde de faire très attention à ce qu’ils faisaient au parlement » et « prévenus qu’ils ne devaient pas perturber le discours présidentiel », a expliqué Innocent Gonese après le discours du président, déjà désigné candidat de son parti pour la présidentielle de 2018.

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Mais l’opposition ne sera pas restée longtemps silencieuse. Dans la soirée, le MDC a appelé le président à démissionner. « Ce discours montre clairement que Robert Mugabe n’a plus les facultés mentales requises pour continuer à occuper le poste de chef de l’Etat. C’est un signe certain de sénilité et d’une grossière faillite de la santé mentale et physique de Mugabe (…) un président nonagénaire qui en réalité devrait être à la retraite depuis longtemps », a même affirmé Obert Gutu, le porte-parole du MDC.