Grenoble: Armée d'un simple balai, elle fait fuir son braqueur

FAIT DIVERS Devant le braqueur armé, la jeune femme répond: «Tire mais je ne donne pas la caisse»...

B.D.

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Illustration: Un balai.
Illustration: Un balai. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Un balai et un terminal de paiement par carte bancaire. Ce sont les « armes » qu’a utilisées Oumou, l’épouse d’un livreur de pizzas de Grenoble, pour faire fuir un braqueur, dimanche soir.

Ce soir-là, Oumou passe chercher son mari Ousmane à son travail. Pendant qu’il fait du rangement à l’arrière de la boutique de livraison de pizzas, située sur un grand boulevard de Grenoble (Isère), la maman de trois enfants l’attend devant la caisse. Vers minuit et demie, un homme surgit et la menace, pistolet en main et capuche sur la tête : « Donnez-moi la caisse sinon je vous tue ! »

« Il n’était pas question de me laisser faire malgré le danger »

Mais la jeune femme de 35 ans n’a pas l’intention de se laisser faire. « Je lui ai aussitôt répondu : "Tire mais je ne donne pas la caisse". Derrière, mon mari, qui a compris ce qui se passait, m’a hurlé : "Donne-lui, donne-lui". Je lui ai répondu : "Non, je ne donne pas !" », a-t-elle raconté au Parisien, précisant qu’elle avait résisté car son « mari travaille beaucoup, près de dix-sept heures par jour », et qu’elle trouvait « donc inadmissible qu’on veuille le voler ». « Il n’était donc pas question pour moi de me laisser faire malgré le danger. »

Car l’homme décide alors de lui tirer dessus à deux reprises. Mais, Oumou n’est pas blessée. « C’est alors que j’ai compris qu’il ne s’agissait pas d’un vrai pistolet », mais seulement d’un pistolet d’alarme chargé à blanc. Elle en profite pour répliquer. « Je me suis dit qu’il fallait que je me défende. Je me suis emparée de ce que j’avais sous la main, c’est-à-dire le terminal de paiement de carte bancaire et je l’ai lancé sur lui. J’ai vu qu’il avait peur. Alors j’ai pris un balai et je me suis mise à lui courir après. Il est sorti du magasin et a détalé comme un lapin », poursuit-elle.

« J’ai eu de la chance, car si le braqueur avait eu un vrai pistolet, je ne serais peut-être plus là aujourd’hui », reconnaît Oumou, qui ne craint cependant pas de voir revenir son agresseur, toujours recherché par la police grenobloise. « Je pense qu’il a compris. Et puis j’ai toujours mon balai », conclut-elle dans un grand éclat de rire.