VIDEO. Dans sa nouvelle campagne, Emmaüs vous présente ses «extraordinaires»

SOLIDARITÉ Dans une série de vidéos, des passants doivent juger quatre personnes sur leur apparence...

B.D.

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Capture d'écran du site les-extraordinaires-emmaus.org, présentant quatre Compagnons d'Emmaüs.
Capture d'écran du site les-extraordinaires-emmaus.org, présentant quatre Compagnons d'Emmaüs. — les-extraordinaires-emmaus.org

Georges, Lilette, Alain et Estelle. Ce sont les quatre personnes choisies pour incarner la nouvelle campagne d’Emmaüs, confiée à l’agence La Secte. Dans une série de vidéos, chacun d’entre eux est d’abord jugé sur son apparence, en pleine rue, comme dans la célèbre émission de relooking Nouveau look pour une nouvelle vie. Les passants sont interrogés sur ce que leur inspire chacun de ces « cobayes », et doivent se prononcer sur ce qu’ils pensent être son métier et ses passe-temps.

Emmaüs, contacté par le mensuel régional Lyon Capitale, assure qu’il « n’y a eu aucune triche, aucun comédien et aucun montage. Les propos sont bruts. » L’association précise que tous les passants ont accepté la diffusion de leurs propos. « Certains étaient en porte à faux, mais ils étaient plus touchés par l’expérience que choqués. » Car, s’ils jugent tous au départ que l’exercice est difficile, ils ne tardent pas à se lâcher.

Georges, qui s’est prêté à l’expérience rue de la République à Lyon, apprécie donc selon eux « les bars », « boire une bière », « la moto » et est « à la retraite ». Quand ils apprennent qu’à 67 ans, il est compagnon d’Emmaüs à Lyon depuis 32 ans et conduit des convois humanitaires pour venir en aide aux victimes de guerre, ils sont gênés et ne savent pas « quoi dire ».

Idem pour Lilette - « jolie mamie » « à la retraite » qui doit « se la couler douce » chez elle- qui, à 76 ans, est bénévole à Emmaüs Chambéry depuis 30 ans et l’hiver dernier « faisait face aux forces de l’ordre pour soutenir les migrants à Calais ». Pour Alain, qui « n’est pas dans le domaine sportif » et « ne doit pas aimer aller courir le dimanche matin sur les quais », le différentiel ne saurait être plus grand : le responsable d’Emmaüs Saint-Etienne a en effet franchi le détroit de Gibraltar à la nage en hommage aux 3.000 migrants morts cette année pendant la traversée.

Enfin Estelle, qui doit aimer « les sorties entre amis, bar, cinéma, le classique », a en fait créé un bâtiment dédié au tri du textile sur le site d’Emmaüs au Puy-en-Velay, pour envoyer plusieurs tonnes de vêtements en Afrique chaque année.

« Méfiez-vous des gens ordinaires, ils peuvent être extraordinaires »

Ces quatre vidéos, qui visent à annoncer les « 7 jours extraordinaires d’Emmaüs », se terminent toutes sur le même conseil : « Méfiez-vous des gens ordinaires, ils peuvent être extraordinaires ». Dans une lettre publiée sur le site en question, Thierry Kuhn, le président d’Emmaüs France, souligne que l'« aventure solidaire » démarrée en 1949 par l’Abbé Pierre et Georges, « un homme ordinaire qui allait devenir le premier compagnon d’Emmaüs » perdure aujourd’hui au quotidien à travers « 18.000 personnes, elles aussi tout à fait ordinaires », qui « créent et inventent d’autres modèles, plus humains, plus solidaires » que celui qui domine aujourd’hui.

Et de conclure : « On ne se méfie jamais assez des gens ordinaires car ensemble, ils sont extraordinaires. Il faut se méfier de gens ordinaires car ensemble, ils peuvent changer le monde. » Pour « devenir un extraordinaire », c’est par là.