Etats-Unis: Au salon «Def Con», les hackers apprennent à tuer qui ils veulent

INTERNET À Las Vegas, des « tueurs en ligne » utilisent la Toile pour faire passer quelqu’un pour mort alors qu’il ne l’est pas...

J. H. avec AFP
L'expert australien en sécurité informatique Chris Rock.
L'expert australien en sécurité informatique Chris Rock. — GLENN CHAPMAN / AFP

À l’heure de l’Internet, les hackers sont passés maîtres dans l’art de faire passer pour mort quelqu’un de bien vivant. Lors du salon dédié « Def Con » qui a débuté le 6 août dernier et s’achève ce dimanche à Las Vegas, aux Etats-Unis, on peut apprendre à devenir « tueur en ligne » en utilisant la Toile pour faire passer quelqu’un pour mort alors qu’il ne l’est pas.

« C’est un problème mondial », souligne le spécialiste australien de sécurité informatique, Chris Rock, en présentant un atelier intitulé tout simplement « je vais vous tuer »… Et l’expert démontre devant son auditoire, captivé, combien il est « facile » de supprimer virtuellement des gens.

Def Con : Hackers can virtually kill people, manipulate death records, Australian security expert says - ABC News http://t.co/OZtAInNuuB
— Gerard Spicer (@SpicerGerard) 9 Août 2015

 

Tous les éléments sont disponibles en ligne

Le but est d’arriver à ce qu’une personne devienne officiellement morte en obtenant des autorités un certificat de décès. Pour ce faire, un apprenti « assassin » peut emprunter l’identité d’un docteur grâce à son seul nom, son adresse et son numéro de licence : tous des éléments aisément disponibles sur Internet. Ensuite, grâce à des registres également disponibles en ligne, il peut inventer une cause du décès en utilisant un langage et des références médicales appropriés, tout en prenant bien soin d’éviter des termes pouvant éveiller les soupçons des autorités et justifier une autopsie.


« Personne n’est épargné »

La deuxième étape consiste à « emprunter » l’identité d’un responsable d’une entreprise de pompes funèbres pour établir un certificat de décès. Là aussi, toutes les informations sont disponibles sur Internet. Une fois ces procédures accomplies, n’importe qui peut se retrouver « officiellement » mort.

« Vous pouvez tuer qui vous voulez, affirme le spécialiste à l’issue de sa présentation. Personne n’est épargné. » L’expert précise également que certaines « victimes » pourront même ignorer pendant longtemps qu’elles sont mortes jusqu’à ce qu’elles soient confrontées à la tragique réalité en effectuant une démarche administrative comme le renouvellement d’un passeport ou l’obtention d’un permis de conduire.

« Vous pouvez aussi faire naître tous les bébés que vous voulez »

Chris Rock s’est intéressé au sujet après qu’un hôpital australien ait, par erreur, déclaré pour morts 200 patients. Il ajoute : comme la « fausse mort », la « fausse naissance » est possible. Obtenir un certificat de naissance est encore plus facile qu’un certificat de décès car cela n’implique que la participation d’un obstétricien et des parents. « Une fois que vous vous êtes identifié en ligne comme un docteur, vous pouvez aussi faire naître tous les bébés que vous souhaitez. » Dans quel but ? Le temps que ces bébés virtuels atteignent l’âge adulte, les hackers auront pu les utiliser pour obtenir des prêts, des allocations familiales, voire même ouvrir des comptes en banque. L’expert a d’ailleurs écrit un livre, intitulé… La moisson des bébés : Comment les bébés virtuels sont l’avenir du financement du terrorisme et du blanchiment d’argent.