Et si nos opinions politiques étaient génétiques ?

ETUDE Le gène DRD4 jouerait un rôle dans les préférences politiques. En particulier chez les femmes…

20 Minutes avec agences

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Urne dans un bureau de vote de Marseille
Urne dans un bureau de vote de Marseille — Boris Horvat AFP

La plupart de nos caractères, comme la couleur de la peau, la taille, dépendent de notre génome. Certains affirment même que les goûts alimentaires ou le penchant pour l’adultère seraient génétiques. Et s’il existait également un gène du vote de gauche ou du vote de droite ? C’est ce qu’avance une étude publiée, ce mardi, dans la revue de la Royal Society britannique et qui met en évidence un lien entre génétique et préférences politiques.

Alors que depuis plusieurs années, l’idée que des facteurs biologiques comme les gènes puissent en partie influencer nos idées politiques fait son chemin, les chercheurs ont tenté de confirmer l’hypothèse selon laquelle, de gauche, de droite, conservateur ou libéral, nos orientations politiques étaient bel et bien transmises par nos parents.

Le génome de 1.771 étudiantes passé au peigne fin

Pour se faire, Richard P. Ebstein, de l’université de Singapour, et ses collègues ont étudié le génome de 1.771 étudiantes de leur campus appartenant à une même ethnie, pour avoir un groupe génétiquement proche. Ils annoncent ainsi avoir mis en évidence un lien entre un variant génétique et les idées politiques.

Le gène DRD4, qui joue un rôle dans la transmission de la dopamine, pourrait intervenir dans nos choix politiques et ce, en particulier chez les femmes. La dopamine ayant une belle influence sur nos fonctions neurologiques (la mémoire, l’apprentissage, la créativité, etc.), nos affinités politiques pourraient ainsi être liées à la variante de ce gène dont nous sommes porteurs.

« La biologie ne peut être ignorée »

Les auteurs de l’étude tempèrent toutefois d’eux-mêmes le résultat de leurs recherches, soulignant que les tendances politiques de chacun dépendent aussi de facteurs conjoncturels et éducatifs. « Tous ces facteurs doivent être pris en compte pour comprendre les différentes sensibilités politiques. Mais la biologie ne peut être ignorée », souligne l’équipe de Richard P. Ebstein.

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A noter que des dizaines d’études précédentes ont déjà établi un lien étroit entre opinion politique et certains traits de notre personnalité. Ainsi, les conservateurs, qui ont tendance à aimer l’ordre et une vie structurée, seraient plus cohérents dans la façon dont ils prennent des décisions. Les libéraux, en revanche, montreraient une plus grande tolérance à l’ambiguïté et la complexité, et s’adapteraient plus facilement à des circonstances inattendues.