Après avoir vécu dans la peau d'un ours, il voyage en bouteille

PERIPLE Le Marseillais Abraham Poincheval s'est enfermé dans une bouteille géante. Il s'apprête à rejoindre Genève en remontant le fleuve...

J. H. avec AFP

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Le performeur Abraham Poincheval s'est lancé un nouveau défi.
Le performeur Abraham Poincheval s'est lancé un nouveau défi. — BERTRAND LANGLOIS / AFP

L’homme est enfermé dans une bouteille transparente cylindrique de 6 mètres de long sur près de 2 mètres de diamètre, installée dans un parc de Port-Saint-Louis-du-Rhône. Il dialogue avec les curieux, intrigués : le plasticien Abraham Poincheval réalise une nouvelle performance, baptisée « Bouteille ».

Sur les bords du Rhône, la végétation du Parc de la Révolution est plutôt rare. Le performeur a choisi, pour son étrange installation, la proximité d’un arbre et pour l’abriter du soleil implacable, il a équipé sa bouteille d’une étiquette pare-soleil et d’un système de ventilation par des trous dans le bouchon, fonctionnant grâce à des panneaux photovoltaïques.

Il compte remonter le fleuve jusqu’à sa source

Adepte des performances souvent dans une situation d’enfermement, le quadragénaire a prévu de demeurer jusqu’à dimanche dans sa bouteille, attirant touristes et riverains. A l’été 2016, dans sa dive bouteille qui sera tractée par bateau, Abraham Poincheval compte remonter le fleuve jusqu’à sa source dans le Valais suisse, en plusieurs étapes : le Musée départemental Arles antique, Avignon, Lyon, Genève…

Un camp de base, installé au Fonds régional d’art contemporain (Frac) de Provence-Alpes-Côte d’Azur à Marseille, sera en liaison quotidienne avec le voyageur par une connexion Skype. L’artiste enregistrera chaque jour, à la manière d’un journal de bord, de courtes vidéos faisant état de la journée passée.

Du ventre d’un ours jusqu’au sommet d’un mât

En avril 2014, il s’était installé pendant 13 jours dans le ventre d’un ours empaillé au Musée de la chasse et de la nature, dans le quartier du Marais à Paris.

En septembre 2012, à Marseille où il vit, il s’était fait emmurer dans une capsule de 62 cm de diamètre et 1,70 mètre de profondeur creusée sous une librairie-galerie d’art marseillaise, pour y passer sept jours à lire et se filmer : « 604.800 secondes » sous un rocher d’une tonne. Et, tout récemment, début juillet, il s’est installé sur une plateforme de 1,60 mètre sur 1 mètre, fixée à un mât de 6 mètres de haut : il est resté perché là, pendant sept jours.