Aux fêtes de Bayonne, le « Bar du curé » propose des cocktails « Jésuites »

INSOLITE C’est une enclave éphémère et sans alcool: pendant cinq jours, le bistrot devient un repère spirituel…

20 Minutes avec AFP

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Les Fêtes de Bayonne aimantent près d'un million de personnes depuis mercredi...
Les Fêtes de Bayonne aimantent près d'un million de personnes depuis mercredi... — IROZ GAIZKA / AFP

A Bayonne, pendant les fêtes, une poignée de fidèles de la ville offrent une alternative aux « festayres » refusant les libations alcoolisées. Bienvenue au « Bar du curé », véritable havre de paix au milieu d’un des plus grands rassemblements populaires et festifs au monde, qui aimante près d’un million de personnes depuis mercredi et jusqu’à dimanche. L’établissement, lui, est fréquenté seulement par quelques centaines de ces festayres (en gascon, une personne faisant la fête).

Ancien siège de la Jeunesse étudiante chrétienne

Bistrot atypique au sein de la 79e édition de cette fête sans fin, régulièrement montrée du doigt pour ses débordements alcooliques, il propose des cocktails sans alcool, refuse une sonorisation à outrance, ainsi que l’installation d’un comptoir extérieur. Installé depuis 2003 dans la rue Gosse, en plein cœur du vieux Bayonne, l’établissement de 40 m2, ancien siège de la Jeunesse étudiante chrétienne, accueille les festayres chaque après-midi et chaque soir, de 14h30 à 01h30 du matin.

Une ambiance « reposante »

Sur les murs du « Bar du curé », les photographies des Journées mondiales de la jeunesse et autres portraits des papes François et Benoît XVI côtoient les affiches des corridas et des précédentes Fêtes - dont la première a eu lieu en 1932 -, avec une interruption de 1940 à 1944. « Nous souhaitons montrer que nous pouvons faire la fête autrement, sans alcool, et en offrant une pause spirituelle », explique Jean-Luc Mathieu, responsable de l’association du « Bar du curé ».

Une salle de prières à côté du bar

Une salle de prières jouxte ainsi le comptoir du bar : « Des festayres de passage se recueillent ou laissent des intentions de prière », témoigne Cathy, bénévole qui sert au bar deux jours durant. Mais, pour Jean-Luc Mathieu, pas question d’évangéliser les festayres : « D’autres s’en chargent, nous préférons rester une sorte d’auberge espagnole où des gens proches de l’Église côtoient des clients qui ont d’abord cru à une blague en découvrant le bar ».

Un euro le « Jésuite » ou le « Franciscain »

L’établissement accueille en effet une clientèle des plus diverses, à l’image de Claire Bouju, 55 ans, « complètement athée » : « L’ambiance est ici reposante. C’est sympa de pouvoir s’asseoir et le café n’est en plus qu’à un euro ». Les cocktails sans alcool connaissent également un franc succès : un euro pour un « Jésuite » (orange, ananas, sirop de grenadine et lait) ou un « Franciscain » (pamplemousse, sirop de menthe et Schweppes).