VIDEO. Une œuvre d'un collectionneur nazi vendue pour 2,61 millions d'euros

CULTURE La toile avait été récupérée par le Musée des Beaux-Arts de Berne à la mort de Cornelius Gurlitt...

20 Minutes avec agences

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Sotheby's: première vente d'une oeuvre de la collection Gurlitt
Sotheby's: première vente d'une oeuvre de la collection Gurlitt — Alexandre Chadha AFPTV

Une grande première. Un tableau issu de la collection de Cornelius Gurlitt, l’octogénaire allemand qui vivait reclus avec des milliers d’œuvres amassées sous le Troisième Reich, a été vendu à Londres ce mercredi soir.

Une oeuvre vendue plus du double de son estimation

L’œuvre en question n’est autre que Deux cavaliers à la plage, un tableau de Max Liebermann datant de 1901. Mise à prix à 550.000 livres (766.000 euros), la toile, qui figurait parmi une collection de 1.600 tableaux retrouvés dans la villa de Cornelius Gurlitt, a finalement trouvé preneur à 1,865 million de livres (2,61 millions d’euros).

Décédé en mai 2014, Gurlitt tenait ce trésor [vendu par la maison d’enchères Sotheby’s] de son père, le marchand d’art Hildebrand Gurlitt, qui s’était fait la spécialité de racheter à bon prix des œuvres à des familles juives aux abois. Pour rappel, l’essentiel de la collection de l’ancien nazi avait été légué au Musée des Beaux-Arts de Berne suite à un accord trouvé avec l’Etat allemand avant sa mort. L’arrangement, qui portait sur 590 œuvres environ, précisait que les descendants des anciens propriétaires, spoliés, avaient un an pour se faire connaître et valoir leurs droits.

Une décision douloureuse

C’est ainsi qu’en mars 2014, l’Américain David Toren, un des héritiers légitimes, aujourd’hui âgé de 90 ans, avait porté plainte à Washington contre l’Allemagne et la Bavière pour demander la restitution immédiate du tableau. Tableau qu’il a fini par le récupérer en mai. « C’est comme une deuxième victoire sur les nazis », avait-il confié au quotidien britannique The Guardian. Pourtant, le nonagénaire a dû se résoudre à mettre en vente la toile. Une « décision douloureuse » mais « inévitable » puisqu’il est « impossible de couper le tableau en plusieurs parties » afin de le partager entre les héritiers, a-t-il déclaré.