Chine: Le drone, dernière arme anti-triche au bac

MONDE Condensé sur deux jours et qualifié de «plus grand examen du monde», le «gaokao» provoque chaque année une poussée de fièvre dans la société chinoise...

20 Minutes avec AFP
Un drone de type multicoptère.
Un drone de type multicoptère. — Sam McNeil/AP/SIPA

Plus de neuf millions de jeunes Chinois passaient ce lundi le redoutable concours d’entrée à l’université, qui s’accompagne d’une traque implacable aux moyens de tricherie, une province ayant même fait appel à un drone sophistiqué.

Condensé sur deux jours et qualifié de « plus grand examen du monde », le « gaokao » provoque chaque année une poussée de fièvre dans la société chinoise, tant la concurrence est féroce pour décrocher le précieux sésame.

Des dizaines de milliers de policiers

Un total de 9,42 millions de candidats étaient en lice dimanche et lundi, aiguillonnés par le stress et les pressions parentales, et encadrés par des dizaines de milliers de policiers et surveillants.

Le ministère chinois de l’Education a promis de concentrer ses efforts répressifs en ciblant les moyens de communication sans fil et les réseaux criminels qui proposent aux candidats faibles de se faire remplacer par quelqu’un planchant sous leur identité.

Deux sites d’examen de la ville de Luoyang, dans la province centrale du Henan, ont fait chacun décoller un drone capable de repérer d’éventuelles communications suspectes de la part de candidats qui auraient réussi à introduire des appareils de transmission miniaturisés dans la salle d’examen.

Un journaliste passe le gaokao sous une fausse identité

Réputé pour son journalisme d’investigation, le quotidien Nanfang Dushibao de Canton a lui déclenché une controverse en envoyant l’un de ses reporters passer le gaokao à Nanchang (est) sous une fausse identité.

Le journaliste a ainsi voulu mettre au jour cette escroquerie à l’examen, alors que de nombreux parents sont prêts à verser des milliers d’euros pour s’assurer de façon illégale que leur enfant réussisse le gaokao, a assuré le Nanfang Dushibao. Si certains ont salué lundi l’initiative du journal, d’autres ont critiqué la méthode employée, en estimant qu’un reporter n’avait pas à prendre la place d’un lycéen candidat.

Aux lauréats qui obtiendront les meilleures notes s’ouvriront les portes des institutions prestigieuses, comme l’université Tsinghua ou l’université de Pékin dans la capitale, ou bien les universités Fudan et Jiaotong à Shanghai.