Sauvée de la poubelle, une petite momie va entrer au musée

ARCHÉOLOGIE Elle a vraisemblablement vécu en Haute Egypte, sur la rive droite du Nil, entre 365 et 170 avant Jésus-Christ...

T.L.G. avec AFP

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La momie sauvée d'une poubelle.
La momie sauvée d'une poubelle. — JOEL SAGET / AFP

Promise à la décharge, la momie d'une petite fille égyptienne née quelques siècles avant Jésus-Christ va finalement entrer au musée. Tombée du ciel lors d'une collecte d'objets encombrants en 2001 en région parisienne, Ta-Iset a été restaurée pour être bientôt exposée.

Du parcours de celle qui a d'abord été surnommée «Toutemcombrant 1er» avant d'être identifiée, on ne sait presque rien. Elle doit son sauvetage in extremis à des employés de voirie. Devant cet objet pour le moins surprenant déposé sur un parking de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), ils ont la présence d'esprit d'avertir le musée local qui confirme rapidement: c'est bien une momie, dans son cercueil. La dame qui s'en est débarrassée a disparu sans laisser de nom.

Entre 365 et 170 avant Jésus-Christ

En dépit des appels à témoin, elle ne s'est jamais manifestée, gardant pour elle le mystère des origines de la petite momie de 92 cm, regrette Marie-Aude Picaud, directrice du musée d'histoire locale.

Un mystère auquel la science a permis de répondre partiellement. Ta-Iset, dont le nom est inscrit sur le cartonnage qui la protège, est une fillette de quatre à cinq ans, a révélé un scanner réalisé peu après sa découverte.

Elle a vraisemblablement vécu dans la région d'Akhmîm, ville de Haute Egypte située sur la rive droite du Nil, entre 365 et 170 avant Jésus-Christ, indiquent la datation au carbone 14 et l'étude stylistique de ses cartonnages.

Le mystère de sa découverte

Comment est-elle arrivée en banlieue parisienne ? Là, la science doit se contenter d'hypothèses. «Rien dans nos recherches ne nous permet de mettre en lumière comment elle a transité jusqu'à Rueil-Malmaison», reconnaît Noëlle Timbart, conservatrice chargée du suivi de sa restauration.

Elle a vraisemblablement traversé la Méditerranée au XIXe siècle, en pleine «égyptomanie», pour décorer une propriété de Rueil. Un anneau métallique fixé au cercueil laisse penser qu'elle a été accrochée à un mur, précise Marie-Aude Picaud.

Fin mars, Ta-Iset a réintégré les réserves du musée. Avant de dévoiler au public les détails et les couleurs saisissants de ses cartonnages, elle doit encore attendre la restauration de son cercueil et l'installation de sa vitrine. Rendez-vous début 2016, prévoit Marie-Aude Picaud.