Une horloge atomique bat le record du monde de précision

SCIENCES Elle pourrait remplacer un jour la référence actuelle de la mesure du temps...

20 Minutes avec agences
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Une horloge dans un lieu public
Une horloge dans un lieu public — Jeff Pachoud AFP

Elle serait donc plus précise que les deux horloges japonaises, détentrices du record depuis février... Une équipe de chercheurs américains vient, en effet, de mettre au point l'horloge atomique la plus précise au monde, ne variant pas d'une seconde en 15 milliards d'années, une durée supérieure à l'âge estimé de l'Univers.

Le niveau de précision de la pendule a, en outre, plus que triplé par rapport à 2014, quand celle-ci s'était déjà offert le record du monde de précision. Elle serait même quasiment 50% plus stable qu'à l'époque, un autre record.

Des impacts potentiels sur les technologies de positionnement GPS

Les résultats obtenus par ce bijou d'horlogerie ont été publiés, ce mardi, dans une étude de la revue scientifique Nature Communications. «Cette stabilité renforcée n'amènera pas seulement la précision du temps à un nouveau niveau, elle pourra aussi permettre à l'horloge atomique de remplacer un jour la référence actuelle de la mesure du temps : l'horloge atomique de fontaine à césium», estime l'étude. 

La précision dans la mesure du temps présente des impacts potentiels sur la vie quotidienne, notamment sur les technologies de positionnement GPS. Elle présente aussi des enjeux scientifiques dans différents pans de la recherche comme la science quantique.

430 milliards de battements de strontium par seconde

Cette horloge pourra fonctionner à température ambiante, ce qui, selon le chercheur Jun Ye, coauteur de l'étude, en fait «un des points forts de notre approche, en ce sens que nous pouvons faire fonctionner l'horloge dans une configuration simple et normale. Notre performance signifie aussi que nous pouvons mesurer le décalage gravitationnel, ne serait-ce qu'en soulevant la pendule de deux centimètres seulement de la surface de la Terre».

Dans le dispositif élaboré par JILA, un institut commun du NIST (National Institute of Standards and Technology, basé à proximité de Washington) et de l'Université du Colorado à Boulder, les chercheurs ont piégé quelques milliers d'atomes de strontium dans un réseau optique formé de rayons laser. Ils ont ensuite détecté 430 milliards de battements de strontium par seconde en plongeant les atomes dans un laser rouge.