Au Belarus, le chômage est désormais passible d’amendes

TRAVAIL Le président Loukachenko a signé un décret radical début avril...

N.Beu.
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Le président Alexandre Loukachenko, à Minsk, au Belarus, le 29 janvier 2015.
Le président Alexandre Loukachenko, à Minsk, au Belarus, le 29 janvier 2015. — Sergei Grits/AP/SIPA

Au Belarus, les chômeurs seraient-ils donc tous fainéants? Pour lutter contre ce «parasitisme social», le président de cette ancienne république soviétique, Alexandre Loukachenko, a en tout cas signé un décret radical au début du mois d’avril, rapporte The Guardian ce jeudi.

Désormais, les individus en âge de travailler qui ne pourront pas justifier qu’ils «participent aux dépenses de l’Etat» sur une période d’au moins 183 jours par an, qu’ils soient citoyens ou résidents permanents, devront s’acquitter d’une amende fixée à 3,6 millions de roubles biélorusses (environ 230 euros). Les auto-entrepreneurs et les étudiants pourront toutefois déroger à la règle.

Une pétition lancée

La mesure, que le gouvernement biélorusse étudie depuis des années, vise à lutter contre la fraude fiscale et à pénaliser ceux qui travaillent pour le privé, dans un pays où l’économie est largement contrôlée par l’Etat. Elle rappelle l’époque soviétique, durant laquelle la notion de «parasitisme» était considérée comme un crime, avant sa dépénalisation dans les années 90.

Dirigé d’une main de fer par Loukachenko, le Belarus n’est pas vraiment une terre de contestation. Pour marquer leur opposition, des Biélorusses ont donc tenté de mobiliser la population sur le Web. Une pétition lancée dans la foulée de la signature du décret a rassemblé à ce jour un peu moins de 30.000 signatures.