Des tampons hygiéniques fluorescents pour lutter contre la pollution

METHODE Ils permettraient d'identifier les eaux d’égout s’écoulant dans les rivières...

T.L.G.

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Tampon hygiénique, illustration
Tampon hygiénique, illustration — Twitter/The Independent

Une méthode originale et pas chère. Des scientifiques britanniques ont proposé d’utiliser des tampons hygiéniques fluorescents pour identifier les eaux usées provenant des domiciles et s’écoulant dans les rivières, rapporte The Independent mardi.

Une équipe de l’Université de Sheffield a découvert que le coton naturel non traité, comme celui utilisé pour les tampons hygiéniques pouvait absorber les produits chimiques couramment utilisés dans les shampoings, détergents, lessives, papiers toilette, et les faire apparaître à l’aide d’ultraviolets. Cette étude publiée dans le Journal de l’eau et de l’environnement, montre que même de toutes petites quantités d’eaux usées sont décelables à l'aide des tampons.

«Notre nouvelle méthode est peu conventionnelle. Mais elle fonctionne»

«Plus d’un million de maisons sont mal reliées au réseau de récupération des eaux usées, ce qui veut dire que leurs égouts se déversent dans les rivières, plutôt que dans les circuits de retraitement», indique le professeur David Lerner, directeur de l’étude. «Le problème est qu’il est très difficile de les détecter, car les déversements se font par intermittence et sont peu visibles à l’œil nu». Il ajoute que les tests actuels sont très complexes et coûteux.

Pourquoi se tourner vers les tampons hygiéniques? «La principale difficulté a été de trouver des cotons qui ne contiennent pas déjà ces produits chimiques», répond le chercheur. «Les tampons, parce qu'ils sont spécifiquement traités, sont la bonne solution», ajoute-t-il. «Notre nouvelle méthode est peu conventionnelle. Mais elle n’est pas chère et elle fonctionne». L’équipe de scientifiques espère utiliser leur méthode pour identifier les eaux qui polluent la rivière traversant la ville de Bradford.