L'auteur de la photo de la petite Syrienne terrifiée raconte son histoire

WEB La photographie est devenue virale la semaine dernière, lorsqu'une autre photojournaliste l'a publiée sur Twitter...

B.D.

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Capture d'écran du tweet de la photojournaliste 
Nadia AbuShaban, qui a rendu viral le cliché d'un petite Syrienne terrifiée par l'appareil d'un photographe.
Capture d'écran du tweet de la photojournaliste Nadia AbuShaban, qui a rendu viral le cliché d'un petite Syrienne terrifiée par l'appareil d'un photographe. — Twitter/@NadiaAbuShaban

C'est la photo qui a fait le tour des Internets ces derniers jours: une petite Syrienne qui lève les mains en l'air, terrifiée, après avoir confondu l'appareil du photographe face à elle avec une arme. Ce cliché poignant est bel et bien authentique, comme l'a affirmé à la BBC son auteur, le photographe turc Osman Sagirli.

La photographie est devenue virale la semaine dernière, lorsqu'une autre photojournaliste, Nadia Abu Shaban, basée à Gaza, l'a publiée sur Twitter, indiquant «un photojournaliste a pris cette photo d'une enfant Syrienne, qui pensait que c'était une arme et pas un appareil photo et qui s'est rendue! #Surrended».

Le cliché a été retweeté plus de 11.000 fois, et a été abondamment commenté. Il est apparu sur Reddit vendredi, devenant encore plus viral. Sur Imgur, un utilisateur a réussi à retracer la photo, affirmant qu'elle était vraie et prise «aux alentours de 2012» et que l'enfant était en fait un garçon. Le post précisait que le photojournaliste turc Osman Sagirli en était l'auteur.

Face aux accusations de fake et de mise en scène, qui n'ont pas tardé à se multiplier sur les réseaux, ce dernier a expliqué à la BBC que ce cliché de la petite Hudea, 4 ans et originaire de Hamah, a été pris en décembre dernier dans le camp de réfugiés syriens d'Atmeh, à la frontière turque. La petite fille s'y trouvait avec sa mère et ses deux frères et sœurs.

«J'ai compris à quel point elle était terrifiée après avoir pris et regardé la photo»

«J'utilisais un téléobjectif et elle a pensé qu'il s'agissait d'une arme. J'ai compris à quel point elle était terrifiée après avoir pris et regardé la photo. Elle mordait ses lèvres et levait ses bras en l'air. Normalement, quand ils voient un appareil, les enfants s'enfuient en courant, cachent leur visage ou sourient.»

Pour lui, les images des enfants qui séjournent dans des camps sont les plus terribles. «On sait qu'il y a des gens déplacés dans les camps. C'est encore plus frappant de constater ce qu'ils ont enduré à travers les enfants plutôt que les adultes. Par son innocence, c'est l'enfant qui reflète les véritables sentiments qui habitent toutes ces personnes.»

Le cliché a d'abord été publié en janvier dans le journal Türkiye, pour lequel Sagirli travaille depuis plus de vingt-cinq ans. Il a été largement diffusé sur les réseaux sociaux turcophones à ce moment-là, mais n'a atteint les anglophones et francophones que depuis une semaine.