Instagram: Un cliché montrant les règles d’une femme censuré deux fois

RÉSEAU SOCIAL Le réseau social a finalement publié la photo, indiquant qu'il s'agissait d'une erreur...  

T.L.G.

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La photo de Rupi Kaur censurée
La photo de Rupi Kaur censurée — Instagram

Cachez ses règles que je ne saurais voir. Instagram a par deux fois, mercredi 25 mars, retiré de son réseau un cliché montrant une jeune femme allongée sur un lit, de dos. Le bas de pyjama et le drap sont tachés de sang. L’auteure de la photo est l’artiste Rupi Kaur.

 

thank you @instagram for providing me with the exact response my work was created to critique. you deleted a photo of a woman who is fully covered and menstruating stating that it goes against community guidelines when your guidelines outline that it is nothing but acceptable. the girl is fully clothed. the photo is mine. it is not attacking a certain group. nor is it spam. and because it does not break those guidelines i will repost it again. i will not apologize for not feeding the ego and pride of misogynist society that will have my body in an underwear but not be okay with a small leak. when your pages are filled with countless photos/accounts where women (so many who are underage) are objectified. pornified. and treated less than human. thank you. ⠀⠀⠀⠀⠀⠀ ⠀ ⠀⠀⠀⠀ ⠀⠀⠀⠀ ⠀ ⠀⠀⠀ ⠀ this image is a part of my photoseries project for my visual rhetoric course. you can view the full series at rupikaur.com ⠀⠀⠀ ⠀⠀⠀⠀ ⠀ i bleed each month to help make humankind a possibility. my womb is home to the divine. a source of life for our species. whether i choose to create or not. but very few times it is seen that way. in older civilizations this blood was considered holy. in some it still is. but a majority of people. societies. and communities shun this natural process. some are more comfortable with the pornification of women. the sexualization of women. the violence and degradation of women than this. they cannot be bothered to express their disgust about all that. but will be angered and bothered by this. we menstruate and they see it as dirty. attention seeking. sick. a burden. as if this process is less natural than breathing. as if it is not a bridge between this universe and the last. as if this process is not love. labour. life. selfless and strikingly beautiful.

Une photo publiée par Rupi Kaur (@rupikaur_) le 24 Mars 2015 à 21h02 PDT

 

Instagram avait jugé que la photo n’était pas conforme aux règles d’utilisation du site qui précisent que l’utilisateur s’engage à ne pas exposer de la violence, de la nudité, de la pornographie ou encore des propos diffamatoires.

«Merci Instagram de m'avoir donné la réaction exacte que mon travail vise à critiquer. Vous avez supprimé la photo d'une femme entièrement habillée et qui a ses règles. Vous déclarez que le cliché est contre vos principes de communauté, alors que ces principes soulignent que la photo est tout à fait acceptable», avait posté Rupi Kaur, en réponse à l'interdiction.

Sur son Tumblr, la jeune femme de 22 ans dénonce la misogynie du réseau social et de manière plus générale, le tabou qui entoure les menstruations. «Je ne vais pas m’excuser de ne pas vouloir nourrir l’ego et la fierté d’une société misogyne, qui accepterait de me voir en sous-vêtements mais qui est gênée par une simple fuite [de sang]», écrit-elle.

Son cliché a reçu près de 43.000 like sur Instagram. C’est peut-être ce qui a contraint le réseau social à faire marche arrière et accepter la fameuse photo.

Instagram a accepté de remettre la photo sur la page de Rupi et a présenté ses excuses à la jeune fille. «Un membre de notre équipe a accidentellement supprimé un de vos posts sur Instagram. Il s’agit d’une erreur et nous nous en excusons. Nous avons depuis restauré le contenu. Vous devriez être en mesure de pouvoir le voir à nouveau», a répondu l’équipe d’Instagram.