Japon: Quatre ans après, la ville qui héberge la centrale de Fukushima va retirer les pancartes pro-nucléaires

SOCIETE La ville de Futaba a décidé de les supprimer «parce qu'elles sont vétustes et constituent un risque», pas parce qu'elles peuvent être insultantes pour les habitants chassés de chez eux sans grand espoir d'y revenir de façon durable...

B.D. avec AFP

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Photo prise le 10 mars 2014, montrant une pancarte claironnant: «L'énergie nucléaire, l'énergie d'un avenir radieux», à Futaba, près de Fukushima, au Japon.
Photo prise le 10 mars 2014, montrant une pancarte claironnant: «L'énergie nucléaire, l'énergie d'un avenir radieux», à Futaba, près de Fukushima, au Japon. — AFP PHOTO / Yoshikazu TSUNO

La ville japonaise de Futaba, qui héberge une partie de la centrale accidentée de Fukushima, a décidé, quatre ans après le drame, de retirer les vieilles pancartes qui vantent encore insolemment «l'avenir radieux» promis par l'énergie nucléaire, a indiqué mardi un fonctionnaire.

Cette mesure fait partie des projets prévus dans le cadre du budget présenté à l'assemblée municipale de cette agglomération totalement désertée. Il en coûtera quelque 4,1 millions de yens (30.500 euros) pour enlever deux imposantes enseignes construites en 1988 et 1991.

«Pour un futur prospère»

Installée à la porte de la ville, la première dit «l'énergie nucléaire, l'énergie d'un avenir radieux», et une autre près de la mairie: «L'énergie nucléaire, pour le développement de notre patrie, pour un futur prospère.»

«Nous avons décidé de les supprimer parce qu'elles sont vétustes et constituent un risque pour les personnes qui font des retours temporaires dans leur maison», a expliqué le fonctionnaire de Futaba, sans mentionner qu'elles pouvaient être insultantes pour les habitants chassés de chez eux sans grand espoir d'y revenir de façon durable.

Quatre ans plus tard, quelque 90.000 habitants évacués de la région ne sont pas autorisés à retourner vivre dans leurs foyers autour de la centrale Fukushima Daiichi mise en péril par le tsunami du 11 mars 2011, qui a par ailleurs tué plus de 18.000 personnes.