Arabie Saoudite: Le nouveau roi couvre ses sujets de richesses

ECONOMIE Le nouveau roi a en effet distribué subventions, bonus, ou encore bourses gouvernementales à de larges franges de la population...

B.D.

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Le roi Salmane, nouveau monarque d'Arabie saoudite, le 27 janvier 2015 à Ryad
Le roi Salmane, nouveau monarque d'Arabie saoudite, le 27 janvier 2015 à Ryad — Saul Loeb AFP

Le nouveau roi d'Arabie Saoudite sait comment satisfaire ses sujets. Depuis son accession au trône, le roi Salmane -79 ans et qui serait atteint de démence- a en effet distribué des bonus mirifiques à une large frange de la population saoudienne, rapporte le New York Times.

«C'est la fête en ce moment», a ainsi commenté auprès du NYT John Sfakianakis, le directeur d'un groupe d'investissement basé à Riyad, qui estime que les bienfaits du roi pourraient au final coûter plus de 32 milliards de dollars (environ 28,2 milliards d'euros).

Subventions, bonus et bourses

Salmane a en effet distribué des subventions à diverses associations professionnelles, clubs littéraires et clubs de sport, distribué des bonus allant jusqu'à deux mois de salaire (le salaire moyen est de 2.400 dollars, environ 2.700 euros par mois) à tous les fonctionnaires du gouvernement -employés, soldats, mais aussi retraités sur le territoire saoudien comme à l'étranger-, et offert des bourses gouvernementales aux étudiants.

Or, 3 millions des 5,5 millions de travailleurs d'Arabie Saoudite sont employés par le gouvernement. Des entreprises privées saoudiennes ont entamé la même démarche, offrant des bonus comparables à leurs salariés, ajoute le quotidien américain.

Risque

Cependant, cette distribution de richesses pourrait s'avérer risqué pour la pétro-monarchie, dont le gouvernement tire 90% de ses revenus du pétrole, à l'heure où les cours sont en baisse dans le monde.

Selon un analyste interrogé par le journal, le déficit du gouvernement saoudien pourrait atteindre les 44,5 milliards de dollars (environ 49,85 milliards d'euros) en 2015.  Un chiffre qui pourrait monter jusqu'à 67,2 milliards de dollars (environ 75,9 milliards d'euros) avec ces nouvelles dépenses, soit 9% du PIB. Pas de quoi néanmoins inquiéter les dirigeants saoudiens, le royaume disposant d'une réserve de 700 milliards de dollars.