VIDEO. Enfin des insectes que vous accepterez de manger

INNOVATION Adieu les criquets frits, avec le C-fu, la consommation d'insectes entre dans la gastronomie...

N.Bg.

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Des vers de farine transformés en C-fu.
Des vers de farine transformés en C-fu. — CFUFOODS

On le sait, pour nourrir les 9 milliards d’êtres humains qui peupleront la Terre en 2050, il faudra tôt ou tard se mettre à manger des insectes. Mais on a beau nous dire que des millions d’hommes et de femmes en mangent déjà, et que c’est plein de bonnes choses, rien à faire, manger un criquet poêlé ou un ver frit, ça n’intéresse pas grand monde. Heureusement pour l’avenir de l’Homme et de la planète, comme l’indiquait le blog du Monde Passeur de sciences mercredi, le C-fu est arrivé.

Présenté la semaine prochaine par ses créateurs de l’université de Cornell (New York) à l’occasion du sommet international Thought for Food de Lisbonne, le C-fu est une pâte alimentaire conçue à base de vers de farine. Son nom fait référence au tofu, cette pâte blanche originaire de Chine fabriquée à partir de lait caillé, avec le «C» de criquet, premier insecte utilisé dans sa fabrication. Mais le criquet «a un goût affreux» alors que le ver de farine, «ça va», selon un des étudiants à l’origine du projet interrogé par le Cornell Daily Sun.

«Le C-fu est plus qu’un produit unique, c’est un ingrédient à usages multiples qui peut être transformé en centaines d’aliments divers et variés», explique le chef de projet, qui veut transformer la consommation d’insectes en «aventure gastronomique». Résultat de la souplesse du produit, on peut le cuisiner pour faire des pâtes, des crêpes, de la farce et même de la crème à tartiner type Philadelphia. Et selon les testeurs, le goût va du «bon» au «bizarre». L’aspect, lui, est bien plus engageant qu’une friture de sauterelles.

>> A voir: «20 Minutes» a testé pour vous la dégustation d'insectes

20.000 vers pour un kilo

Côté nutrition, le C-fu, bourré de protéines animales et d’omégas 3 et 6, respecte les promesses de l’entomophagie. Et côté environnement? Tout va bien, selon ses créateurs. Car s’il faut 10.000 vers de farine pour produire un demi-kilo de C-fu, leur élevage prend tellement peu de place que les étudiants assurent que 120.000 hectares suffiraient à nourrir deux milliards d’êtres humains. La consommation en eau, elle, est bien moindre que celle nécessaire à l’élevage d’animaux plus traditionnels.

L’équipe à l’origine du C-fu fait partie des dix finalistes du Thought for Food Challenge, et espère remporter les 10.000 dollars promis au vainqueur. Un apport qui pourrait leur permettre de financer des recherches sur d’autres insectes pour trouver celui ayant le meilleur goût. «Nous n’avons expérimenté qu’avec quatre espèces d’insectes, dit un responsable du projet au Cornell Daily Sun, mais il y a 1.900 espèces potentielles. Quel goût ont-elles toutes?» La réponse pourrait bientôt se trouver dans nos assiettes.