Syrie: 22.000 travailleurs portent plainte pour licenciement «arbitraire»

MONDE Parmi ces quelque 22.000 procès intentés, 12.000 l'ont été par des salariés du secteur privé....

B.D. avec AFP
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Vue d'un quartier de Damas, le 26 juin 2013, en Syrie
Vue d'un quartier de Damas, le 26 juin 2013, en Syrie — Louai Beshara AFP

Quelque 22.000 travailleurs ont porté plainte contre leurs employeurs pour licenciement, et 10.000 fonctionnaires ont démissionné en Syrie, pays ravagé par la guerre depuis près de quatre ans, rapporte le quotidien Al-Watan, proche du pouvoir.

Selon le journal, qui cite les statistiques des tribunaux du Travail, près de 22.000 procès ont été intentés par des travailleurs pour licenciement «arbitraire», dont 12.000 par des salariés du secteur privé.

10.000 démissions dans le secteur public en 2014

«Un grand nombre de travailleurs ont été licenciés, de nombreux établissements privés ayant cessé de fonctionner à cause de la situation » en Syrie, où le conflit a fait plus de 200.000 morts, a indiqué au journal une source du tribunal du Travail à Damas.

Ces salariés, qui travaillaient notamment pour des entreprises industrielles et pharmaceutiques, ont ainsi intenté «des procès contre leurs employeurs», selon la même source. Le journal fait état par ailleurs de 10.000 démissions dans le secteur public durant l'année 2014. «De nombreux fonctionnaires ont quitté le pays après avoir présenté leur démission», précise-t-il.

Le conflit sanglant en Syrie a fait revenir trois décennies en arrière l'économie de ce pays, avec des infrastructures en majorité détruites et la moitié de la population au chômage. Le secteur industriel public en Syrie a perdu plus d'un milliard de dollars à cause du conflit, a indiqué le ministère syrien de l'Industrie dans un communiqué.

«Les pertes dans le secteur public industriel depuis le début de la crise et jusqu'au 30 avril 2014, s'élèvent à plus de 200 milliards de livres syriennes», soit 1,2 milliard de dollars, précise le texte.

Depuis le début de la guerre en 2011, «le PIB s'est contracté de plus de 40%», selon un responsable du Fonds monétaire international (FMI) au Moyen-Orient. «La production pétrolière est quasiment à l'arrêt, l'inflation est passée de 4% en juin 2011 à plus de 120% en août 2013 et avoisinait les 50% en mai 2014.»