«On a besoin de toi»: Une spot télé pour recruter des profs

SOCIETE Le gouvernement a lancé une campagne télé et web pour inciter les étudiants à envisager le métier de professeur...

20 Minutes avec agences
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Des élèves du Microlycée du Val-de-Marne travaillent sous le regard d'Eric de Saint-Denis (g), un des professeurs et responsables de la structure, le 10 octobre 2008 à Vitry-sur-Seine, près de Paris
Des élèves du Microlycée du Val-de-Marne travaillent sous le regard d'Eric de Saint-Denis (g), un des professeurs et responsables de la structure, le 10 octobre 2008 à Vitry-sur-Seine, près de Paris — Pierre Verdy AFP

 «Est-ce que tu peux venir m'aider s'il te plaît?», lance un bambin. «On a besoin de toi !», crie un groupe d'élèves. Avec ce spot télé de 31 secondes intitulé L'école change avec vous, qui sera diffusé du 7 au 27 janvier sur 24 chaînes de télévision, le gouvernement espère bien susciter des vocations, espère voir les étudiants français emprunter la voie de l'éducation.
Alors que 60.000 créations de postes sont programmées sur le quinquennat Hollande, le gouvernement se heurte au manque de postulants, et peine à garder ses professeurs motivés. Meilleures indemnités pour les profs, décharges horaires, projets pédagogiques innovants ont été proposés et lancé par Vincent Peillon puis repris par son successeur au ministère Najat Vallaud-Belkacem.
Des matières dites «déficitaires», des académies redoutées
Mais aujourd'hui, le gouvernement mise sur le 2.0, le jeunisme, la télé et YouTube pour pourvoir les créations de postes et de compenser les départs à la retraite. Et de renvoyer également vers un site internet lecolechangeavecvous.fr, grâce auquel les intéressés par le métier d'enseignant peuvent se renseigner et se tenir informées des dates de concours (en 2015, 25.000 postes d'enseignants sont ouverts aux concours. Il en sera de même en 2016 et en 2017).
 

 Parallèlement à la hausse des postes proposés au concours, les candidatures ont aussi augmenté, mais certaines matières dites «déficitaires» n'arrivent pas à faire le plein, comme les mathématiques, l'anglais ou les lettres modernes, tandis que des académies difficiles comme Créteil peinent à attirer suffisamment de professeurs.
Bas salaires et le frein de la réforme
Plusieurs raisons expliquent la crise du recrutement, dont la réforme de la formation de 2010 qui a relevé au master (Bac+5) le niveau pour être enseignant. Or, le vivier d'étudiants en master est beaucoup moins important qu'en licence. Pour les mathématiques, la baisse est plus ancienne et s'explique par un marché du travail qui sollicite et rémunère davantage les scientifiques.
 


L'attractivité du métier a aussi souffert aussi de salaires considérés comme bas pour des diplômés à Bac+5, sans perspective d'amélioration avec le gel du point d'indice des fonctionnaires. Elle a pâti de la suppression de la formation initiale des enseignants sous la droite, rétablie par l'ancien ministre Vincent Peillon à la rentrée 2013.
A noter que les élèves de la première promotion des Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation (Espé) effectuent, cette année, leur deuxième année de master tout en enseignant à mi-temps. Une fois titularisés, ils enseigneront à temps plein à partir de la rentrée 2015.