Canada: Mordue 180.000 fois par des punaises de lit pour une étude scientifique

SCIENCES Cela a permis de fabriquer un piège efficace contre ces insectes..  

T.L.G.

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Le directeur industriel de Biotop, Eric Thouvenin, montre une boîte d'élevage de punaises Macrolophus Pygmaeus le 24 juillet 2013 sur le site de Livron-sur-Drôme
Le directeur industriel de Biotop, Eric Thouvenin, montre une boîte d'élevage de punaises Macrolophus Pygmaeus le 24 juillet 2013 sur le site de Livron-sur-Drôme — Philippe Dezmazes AFP

Donner son corps à la science. Pendant cinq années, Régine Gries a «donné son sang» à plus de 1000 punaises de lit dans le cadre d’une étude scientifique, repérée par Pierre Barthélémy sur un blog du Monde.

La chercheuse fait partie d’un groupe de biologistes et de chimistes de la Simon Fraser University (Burnaby, Canada). Ils cherchent à déterminer pourquoi les punaises, en recrudescence depuis quelques années, sont attirées par le sang humain, et trouver un moyen de les stopper. Régine Gries aurait été choisie car les piqûres ne provoqueraient  chez elle ni boutons rouges ni démangeaisons. Au total, elle aurait subi 180.000 morsures.

Fabriquer un piège

Un «don de soi» qui a permis aux scientifiques de découvrir le rôle joué par l’histamine, une molécule qui «signale» aux punaises un milieu adéquat. Les chercheurs ont alors pu créer une «solution piège», composée d’attractifs chimiques et de phéromones.

«Ce piège aidera les propriétaires, les locataires et les professionnels de lutte antiparasites à déterminer si les locaux ont un problème de punaises de lit, et leur permettra de les traiter rapidement», a indiqué le chercheur Gerhard Gries.

L'étude continue en collaboration avec une entreprise spécialisée, ce qui équivaut à de nouvelles morsures pour Régine Gries. «Je ne suis pas spécialement ravie, mais sachant à quel point cette technologie rendra service à quantité de personnes, cela en vaut la peine», a-t-elle indiqué.