Japon: L'artiste Megumi Igarashi de retour en prison

ART L'artiste de 42 ans a été arrêtée mercredi, après avoir tenté de distribuer du «contenu indécent», selon la police tokyoïte...

B.D.
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L'artiste japonaise Megumi Igarashi à bord de son kayak-vagin, le 19 octobre 2013.
L'artiste japonaise Megumi Igarashi à bord de son kayak-vagin, le 19 octobre 2013. — ROKUDE NASHIKO AND MARIE AKATANI / AFP

Et de deux. L'artiste japonaise Megumi Igarashi, qui avait déjà été arrêtée en juillet pour le même motif, se retrouve à nouveau en prison pour «obscénité».

L'artiste de 42 ans, qui se fait appeler «Rokudenashiko», («bonne à rien» en japonais), a été arrêtée mercredi, soupçonnée d'avoir envoyé un lien vers un fichier «qui montre comment créer une embarcation en 3D en utilisant des données obscènes à un grand nombre de personnes», selon une porte-parole de la police de Tokyo citée par le Guardian.

Distribution de «contenu indécent»

C'est déjà pour cette raison qu'elle avait été emprisonnée cet été. Après avoir lancé en 2013 sur un site de financement participatif un appel de fonds pour réaliser un «kayak-vagin», elle avait pu réaliser l'embarcation -dont la partie supérieure a la forme de son sexe- grâce à l’impression en 3D.

Puis, elle avait envoyé à certains contributeurs le fichier contenant le modèle 3D ayant servi à fabriquer l’embarcation, entraînant son arrestation pour distribution de «contenu indécent», délit passible au Japon de deux ans d’emprisonnement et 18.000 euros d’amende. Elle avait été relâchée quelques jours plus tard, après avoir formulé un recours judiciaire et après que plusieurs milliers de personnes ont signé une pétition en ligne réclamant sa libération.

«Déterminée»

En octobre l'an dernier, elle «a essayé de faire télécharger les données obscènes aux internautes qui étaient prêts à financer son projet», a ajouté la porte-parole. Megumi Igarashi aurait également vendu des CD-ROM contenant les mêmes données lors d'une exposition au mois de mai à Tokyo.

«Je ne pense pas que mon vagin a quelque chose d'obscène», avait déclaré l'artiste lors d'une conférence de presse après sa libération en juillet, ajoutant: «J' étais déterminée, je n'aurais jamais cédé au pouvoir de la police.» Visiblement, elle va devoir le démontrer à nouveau.