Jeunes consommant de l'alcool sur la voie publique, illustration.
Jeunes consommant de l'alcool sur la voie publique, illustration. — VARELA/20 MINUTES

SCIENCES

Notre goût pour l'alcool remonte à plus de 10 millions d'années

Selon une étude menée par des chercheurs de l’université de Santa Fe, en Floride, la capacité de produire une enzyme gastrique permettant de métaboliser l'alcool est apparue à cette époque chez les hominidés...

Notre goût pour l'alcool ne date pas d'hier. L’homme a commencé à consommer de l’alcool il y a 10 millions d'années, et pas il y a 9.000 ans, comme le laissaient penser de précédents travaux concluant que son introduction dans notre régime alimentaire datait de l'époque où nous avons développé les capacités techniques de fabrication de l'alcool.

Selon une étude menée par des chercheurs de l’université de Santa Fe, en Floride, qui a été publiée dans les Compte rendus de l'Académie américaine des sciences (Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America - PNAS), la relation de l'homme à l'alcool date de quelque 10 millions d'années.

Comme l'explique le Los Angeles Times, les scientifiques menés par le biologiste Matthew Carrigan ont voulu dater cette relation en remontant dans la lignée généalogique de l'homme pour détecter quand la capacité de produire une enzyme gastrique permettant de métaboliser l'alcool était apparue.

A la recherche de l'enzyme ADH4

Ils ont donc recherché cette enzyme -l'«alcool déshydrogénase (ADH4)»- dans les intestins de différents primates avec lesquels nous avons des origines communes. Ils l'ont effectivement trouvée chez le gorille, l'un des primates dont la lignée diverge de celle des humains il y a environ 10 millions d'années. Ils ont également constaté la présence de l'ADH4 chez les chimpanzés et les bonobos, mais pas chez les orangs-outans, gibbons et babouins, qui sont plus éloignés de l'homme.

Selon leurs conclusions, à cette période, nos ancêtres hominidés, descendant des arbres, se sont mis à consommer les fruits qu’ils trouvaient par terre, qui «contenaient des concentrations plus élevées de levure fermentée et d’éthanol que les fruits accrochés aux arbres».

Ceux qui ont pu les manger ont eu de plus grandes chances de survie au sol, selon les chercheurs. Et ont du apprécier les effets de tels fruits... puisqu'ils ont mis au point la technique de fabrication de l'alcool des millions d'années plus tard.