Vexé par un article, un pianiste demande son retrait au nom du droit à l’oubli

DROIT Le droit à l’oubli n’existe qu’au sein de l’Union Européenne et la demande doit être faîte aux moteurs de recherche et non aux médias. Une double erreur qui vaut à Dejan Lazic une nouvelle mauvaise pub…

Fabrice Pouliquen

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Dejan Lazic n'a pas aimé le compte-rendu qu'à fait le Washington Post de son concert dans la capitale américaine.
Dejan Lazic n'a pas aimé le compte-rendu qu'à fait le Washington Post de son concert dans la capitale américaine. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Dejan Lazic croyait être dans son bon droit. Ce pianiste croate s’est fendu d’un courriel à la rédaction du Washington Post le 30 octobre pour demander la suppression d’un article de décembre 2010. Le journaliste Midgette y relatait avec déception le premier concert de Dejan Lazic à Washington. «J’ai essayé de faire en sorte que ce soit clair que je pensais qu’il [Dejan Lazic] était un pianiste de grand talent, et que pour cette raison, j’estimais qu’il aurait pu faire bien mieux lors sa prestation», se justifie Midgette sur le site internet du Washington Post.

Vexé, Dejan Lazic l’est d’autant plus que l’article remonte systématiquement en tête des résultats lorsque les internautes tapent son nom dans le moteur de recherche. Voilà pourquoi Dejan Lazic demandait le droit à l’oubli, précisant que selon lui, il ne s’agissait pas de censure ni de réduire l’accès à l’information.

Un droit qui n'existe qu'en Europe

Mais le pianiste a fait deux erreurs dans sa demande.  La première, c’est que «le droit à l’oubli n’est reconnu que dans l’Union européenne depuis une décision de la Cour de justice de l’Union européenne en mai 2014», précise Caitlin Dewey, journaliste culture au Washington Post. La deuxième, c’est que les demandes du droit à l’oubli sont à faire auprès des moteurs de recherche et non pas au média auteur de l’article. En effet, ce n’est pas l’article qui est supprimé dans une procédure de droit à l’oubli, mais le lien qui y mène depuis Google, rappelle ainsi Libération.

Et même si la demande est bien adressée, la suppression du lien n'est pas toujours facile à obtenir. Selon une étude publiée en sepbtembre par l'agence Reputation VIP, le groupe américain Google refuse la majorité des demandes de suppression de liens vers des pages internet. Fin septembre, Google avait refusé en moyenne 60% des demandes sur les trois derniers mois écoulés.