«Trop swag!»...«Grave le seum»... Un dico pour comprendre les ados

ADOLESCENTS Un vocabulaire puisé dans l'anglais, l'arabe, l'argot, le verlan, et... le chinois...

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'un adolescent.
Illustration d'un adolescent. — ISOPIX/SIPA

«C'est la hass»... «T'as trop le swag!» ... «Il m'a trop fait golri, ce bolosse !»... «C'est ma besta»: autant d'énigmes que les parents atterrés pourront enfin décrypter grâce à un dico «Ados-Français», indispensable aux pauvres darons dépassés.

Anglais, arabe, argot, verlan, et...chinois

Ce cours de langue «djeune», terme aujourd'hui ringard selon l'auteur du «Dictionnaire des ados français» (First éditions), Stéphane Ribeiro, sera sans doute vite obsolète, tant les jeunes élaborent sans cesse de nouvelles trouvailles linguistiques et grammaticales.

Ils puisent dans l'anglais, l'arabe, l'argot, le verlan, toujours très prisé, et même le chinois. Ce «Dictionnaire Ados-Français», élaboré justement avec de nombreux lycéens, réunit 500 mots et expressions utilisés par les jeunes au quotidien, permettant aux parents et autres vieux de les comprendre.

Un truc de «ouf» qui risque de donner «grave le seum» (la haine, les boules) aux ados, certains mots venus des banlieues comme «boloss» (peut aussi s'écrire «bolos» ou «bolosse », dixit Le Robert) sont déjà entrés dans les dictionnaires classiques.

Un auteur qui a «le swag»

Ingénieur en télécoms de formation, passé aussi par Sciences Po Paris, Stéphane Ribeiro, qui, lui, «kiffe» l'imparfait du subjonctif, est un ancien consultant en stratégie et organisation.

Il est auteur pour des émissions d'humour et d'actualité à la télévision. Il a travaillé notamment pour Alain Chabat, Thierry Ardisson, et Mathieu Madénian et a déjà publié «Tout sur Nous, Tout sur moi» et «C'était mieux avant. 500 bonnes raisons de regretter d'avoir plus de 30 ans ou pas», un petit inventaire rigolo de ce qui a changé depuis 30 ans.

«Avoir le swag», c'est avoir de la classe tout en étant cool, «se taper l'affiche», c'est avoir la honte, «c'est la hass», c'est trop galère. La langue des adolescents est d'une créativité sans pareille, toujours en évolution, en mouvement. Et si vous avez souvent «l'impression d'héberger un Serbo-Croate à domicile», plaisante l'auteur, ne boudez pas votre plaisir en découvrant cette petite soeur du français, la langue des ados... qui deviendront sans doute un jour des «renpas» (parents), un terme devenu lui aussi dépassé...

En 2013, Abdelkarim Tengour avait déjà défriché le terrain avec «Tout l'argot des banlieues: le dictionnaire de la zone en 2.600 définitions».