Une Norvégienne de 12 ans se marie avec un homme de 37 ans: Une campagne choc contre le mariage forcé

MARIAGE FORCE La jeune fille, qui doit se marier samedi, raconte les préparatifs de la cérémonie sur son blog…

Anissa Boumediene

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Thea, une Norvégienne de 12 ans, est l'héroïne d'une campagne contre le mariage forcé des enfants.
Thea, une Norvégienne de 12 ans, est l'héroïne d'une campagne contre le mariage forcé des enfants. — http://theasbryllup.blogg.no / 20 Minutes

Surprenant, choquant ou odieux, les mots ne manquent pas pour qualifier cette union. Dans le pays, de nombreux Norvégiens se sont émus de la situation après avoir lu le blog de Thea, une très jeune fille de 12 ans qui a prévu d’épouser Geir, son fiancé qu’elle ne connaît pas encore, et qui a vingt-cinq ans de plus qu’elle.

Sur la page d’accueil, l’enfant annonce la couleur: «Bonjour, je m’appelle Thea, j’ai 12 ans et je vais me marier». Elle y raconte les préparatifs de la noce, le choix de l’église, de la robe, la liste d’invités, elle qui n’aura pas le droit d’inviter ses amies. Elle y confie aussi ses interrogations sur son avenir, réalisant qu’elle ne pourra pas devenir vétérinaire comme elle en rêve. «Ma mère m’a expliqué que je n’aurais pas à travailler, que mon mari gagnera de l’argent pour nous deux», écrit-elle.  Dès sa mise en ligne, le blog a battu des records d’audience, devenant le blog le plus lu du pays en seulement une journée. De son côté, la police a reçu un nombre incalculable d’appels de Norvégiens qui souhaitaient dénoncer ce mariage.

Un faux site pour dénoncer les mariages d’enfants

Si elle a été décriée, cette union n’aura en réalité pas lieu. Et pour cause, le site a été créé par l’ONG Plan, pour sensibiliser l’opinion aux mariages forcés de très jeunes filles. Chaque jour, 39.000 enfants sont mariées contre leur gré dans le monde. «Le destin de Thea est une réalité pour des millions de filles», explique Olaf Thomessen, directeur de la section norvégienne de Plan. Si les gens savent que des fillettes sont mariées au fin fond du Bengladesh ou encore de la Guinée Bissau. «Nous voulions faire passer ce message choquant de manière choquante. Je pense que nous avons réussi», a-t-il poursuivi.

«Nous espérons maintenant que les gens s'engageront», a conclu Olaf Thomessen, en expliquant que le parrainage d’enfants, qui consiste à verser de l’argent à une famille pour qu’elle ne marie pas leurs filles trop jeunes, pouvait sauver des enfants du mariage forcé. La date de la noce, prévue le 11 octobre, n’a d’ailleurs pas été choisie au hasard puisqu’elle coïncide avec la Journée internationale des filles.