Nouvelle-Zélande: Le gouvernement envoie des SMS pour inciter les chômeurs à se brosser les dents

SANTE Pendant deux mois et demi, des chômeurs ont reçu des messages leur demandant s’ils avaient pensé à se brosser les dents…

Anissa Boumediene

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Illustration d'une femme s'apprêtant à se brosser les dents.
Illustration d'une femme s'apprêtant à se brosser les dents. — P.WIDMANN / TPH / SIPA

«Avez-vous brossé vos dents ce matin?» Non, la question n’est pas (seulement) posée par les mamans avant d’emmener les enfants à l’école, mais par les pouvoirs publics néozélandais. Au pays des All Blacks, le gouvernement ne badine pas avec la santé bucco-dentaire et a lancé une campagne d’envoi de SMS pour inciter les allocataires de prestations sociales à bien brosser leurs quenottes, comme le rapporte la chaîne 3 News. Une bienveillance moyennement appréciée et pas vraiment désintéressée. Le but de la manœuvre: réduire le nombre de bénéficiaires demandant la prise en charge de leurs soins dentaires d’urgence, qui coûtent bonbon.

Le ministère de la santé s’est inspiré d’une précédente campagne lancée pour inciter à arrêter de fumer, et qui comprenait l’envoi de rappels par textos. Galvanisés par le succès de l’opération, les pouvoirs publics néozélandais ont cru pouvoir récidiver sur le thème de la santé dentaire. «Les jeunes adultes sont toujours au téléphone, alors on s'est dit qu'on allait essayer ça aussi», a expliqué une responsable régionale de la santé.

Une initiative critiquée

Pendant dix semaines, en 2012 et 2013, des chômeurs volontaires ont reçu une série de messages pour leur faire penser à se brosser les dents. Pour évaluer l’impact de cette initiative, les volontaires devaient indiquer après chaque SMS s’ils s’étaient ou non exécutés. D’après les résultats obtenus, le pourcentage de personnes se brossant les dents est passé de 53% à 73%.

Pourtant l’initiative a été vivement critiquée. Des associations de défense des chômeurs et des droits de l'homme ont jugé le dispositif «dégradant» et «stigmatisant à l’égard des chômeurs». «Cela renforce les préjugés selon lesquels les allocataires sont incapables de se débrouiller seuls, de trouver un emploi ou même de se brosser les dents», a déclaré le porte-parole d’une association.