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Doit ajouter à l'engouement la perspective du Mondial le plus ouvert depuis longtemps, entre l'Afrique du Sud, N.1 actuel, l'Australie, sacrée en 1999 et 2003 et dominatrice de la décennie, et les outsiders Inde, Pakistan et Antilles.
Doit ajouter à l'engouement la perspective du Mondial le plus ouvert depuis longtemps, entre l'Afrique du Sud, N.1 actuel, l'Australie, sacrée en 1999 et 2003 et dominatrice de la décennie, et les outsiders Inde, Pakistan et Antilles. — Prakash Singh AFP/Archives

Tout pour le cricket. Un Indien de 23 ans a proposé, mardi, de vendre l'un de ses reins pour financer son voyage à La Barbade, aux Caraïbes, où a débuté dimanche le Mondial de cricket.

Tarun Sharma, un homme d'affaires de Jamshedpur (Est de l'Inde) a même menacé de se suicider, s'il ne trouvait pas d'acheteur pour l'un de ses reins, en vue d'une transplantation sur l'un des nombreux patients en attente de greffes d'organes dans le pays.

«Si rien n'est fait, je plongerais dans une rivière pour mettre fin à mes jours», a-t-il affirmé. Tarun Sharma est cependant un habitué de ce genre d'ultimatum dans la presse locale.

Ventes illégales d'organes

Les dons de reins sont légalement autorisés en Inde, mais seulement entre membres d'une même famille. Pour autant, beaucoup vendent leurs organes illégalement pour gagner de l'argent.

«Ces lois empêchent les gens de poursuivre leurs rêves. Je suis sûr que l'Inde va remporter la Coupe du monde de cricket. Qu'est-ce qui peut être plus satisfaisant pour un fan que d'assister à la victoire de son pays au Mondial?», s'est interrogé le jeune homme.

En Inde, folle à lier de ce sport, les matches remplissent les stades, vident les rues et font les unes des médias. Pour le Mondial organisé à l'autre bout du monde, aux Caraïbes, un voyage de huit jours coûte environ 250.000 roupies (5.700 dollars), soit sept fois plus que le revenu annuel moyen d'un Indien. Le salaire mensuel de Tarun Sharma ne dépasse pas 3.000 roupies (68 dollars).