Des «résultats positifs» à la conférence de Bagdad

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Des résultats «positifs et constructifs». Le ministre des Affaires étrangères irakien Hoshyar Zebari s’est félicité du bilan de la conférence internationale sur l'Irak, qui se tenait ce samedi à Bagdad. Cette réunion destinée à enrayer la violence dans le pays a toutefois été entachée par diverses attaques à travers le pays qui ont fait des dizaines de morts.

Trois commissions de travail


Hoshyar Zebari a cité parmi les «avancées majeures» de la conférence la création de «trois commissions de travail», sur la coopération en matière de sécurité, les réfugiés, l'énergie et le pétrole. Le ministre a également annoncé que «tous les participants étaient tombés d'accord pour une nouvelle réunion au niveau ministériel». Mais les discussions ont achoppé sur la date et le lieu de cette prochaine rencontre. Les Irakiens souhaitent que cette rencontre se déroule dans leur pays, mais la Turquie et l'Egypte ont aussi offert de l'organiser.

Les représentants de 17 pays et organisations internationales, dont les Etats-Unis et leurs «bêtes noires», l'Iran et la Syrie, se sont réunis autour d'une même table pour cette conférence internationale. L'ambassadeur américain en Irak, Zalmay Khalilzad, a indiqué qu'il avait eu des discussions «constructives et efficaces» avec les Iraniens à propos de la sécurité en Irak.

De son côté, l'Irak a exhorté ses voisins, dont la Syrie et l'Iran, à cesser leurs ingérences présumées dans les affaires irakiennes. «Il faut arrêter toute forme d'aide financière, d'incitation religieuse ou médiatique, de support logistique ou d'approvisionnment en armes et en combattants qui serviront à tuer nos enfants, nos femmes, les personnes âgées ou à attaquer nos mosquées et nos églises», a ajouté le Premier ministre, Nouri al-Maliki.

Cet appel a coïncidé avec la chute de trois obus de mortier, en début d'après-midi, à «une trentaine de mètres» du ministère des Affaires étrangères, qui accueillait la conférence. Deux groupes sunnites armés d'Irak, l'Armée islamique en Irak et Jaïch Al-Rachidine, ont revendiqué ces tirs. «Si les hôtes de la conférence n'arrivent pas à assurer leur propre sécurité, comment vont-ils pouvoir contrôler la situation sécuritaire en Irak ?» s’interrogent-ils dans leur communiqué.

Attentat à la voiture piégée

Le ministère, collé à la Zone verte, le secteur ultraprotégé de Bagdad, a subi quelques légers dommages et aucune victime n'était à déplorer. Mais trois kilomètres plus au nord, au moins 26 personnes, dont six soldats irakiens, ont été tuées et au moins 40 autres blessées lors d'un attentat suicide à la voiture piégée dans le quartier chiite de Sadr City. Un attentat similaire a fait un mort, non loin de Sadr City, et plus au sud un civil a été tué dans une explosion. Huit autres personnes ont péri dans plusieurs attaques à travers le pays.

Quatre ans après l'invasion de l'Irak par une coalition menée par les Américains, le gouvernement irakien et les Etats-Unis, en dépit des 141.000 soldats déployés en Irak, sont incapables d'enrayer les violences, qui ont tué plus de 34.000 Irakiens en 2006, selon les Nations unies.